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Il y avait un coiffeur, dans une rue adjacente à la rue Bab Azzoun,
où Hadj M’hamed El Anka venait se faire couper les cheveux. C’est-ce
qu’on disait et, qu’on le dise, suffisait pour nous à élever l’échoppe
au rang de légende. Le maître coiffeur, entouré d’une kyrielle
d’apprentis déférents, avait le verbe sucré et miné de sens. En maniant
le ciseau comme un instrument de précision, il lâchait un mot et c’est à
qui en décrypterait le premier les significations multiples en ouvrant
dans sa tête le dictionnaire el ankiste. Un régal d’éloquence, même si
nous ne comprenions pas tout.
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