lundi 07 janvier 2008
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TAM-TAM A TAM !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Selon une étude réalisée par la Direction de l’habitat, 70 bâtisses à Alger menacent ruine.

Le GSPC confirme !

Ce matin, je ne bouge pas de mon salon. Toute la journée, je resterai scotché à mon écran de télévision. C’est que je ne veux rater aucune image du voyage de Abdekka à Tamanrasset. Ce genre de déplacements renseigne beaucoup mieux que toutes les gorges profondes sur les intentions du Roi. Une virée à Tam, ça te donne l’exacte température des ardeurs présidentielles quant à un 3e mandat. Si une fillette, habillée de plusieurs dizaines de kilos de bijoux, fardée comme une vieille rombière, traînée de force par un adulte devant le président et contrainte de lui ânonner que «tous les enfants en couche-culotte du sud soutiennent un 3e mandat du raïs», il faut prendre la chose très au sérieux. Si, dans la progression de son cortège, dans son fendage de foule, le chef de l’Etat marque une halte devant une chorale qui chante les louanges «du magnifique Abdelaziz aux yeux bleus et à la divine longévité», il faut prendre la chose très au sérieux. Si des dompteurs de colombes placent l’une de leurs bestioles sur l’épaule du président et que le volatile lui susurre à l’oreille que «tous les gallinacés du pays sont inconditionnellement pour un 3e mandat», il faut prendre la chose très au sérieux. Si un excité tenant et secouant à bout de bras son nouveau-né l’exhibe sous le nez du chef de l’Etat tout en criant comme un dératé «sidi erraïs, lui aussi votera pour vous lorsqu’il aura l’âge de voter !», il faut prendre la chose très au sérieux. Si un poète du lundi décline pendant 45 minutes des vers taillés au hab-hab et vantant «l’étourdissante beauté, l’extrême intelligence, le charme inouï, la grâce infinie, l’aura céleste, la finesse incomparable, le courage sans pareil, l’abnégation inextinguible, et l’increvable jeunesse du preux chevalier Abdelaziz», il faut prendre la chose très au sérieux. Voilà ce que je vais surveiller aujourd’hui. Ça vaudra au moins autant (et je reste poli) que toutes les analyses, tous les éditoriaux et toutes les contributions des grosses cylindrées fossilisées de la politique algérienne sur la nécessité ou non d’un 3e mandat. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L

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