Périscoop : BAZZOOKA
La raison est-elle...
PAR MOHAMED BOUHAMIDI
mbouhamidi2001@yahoo.fr


Le nouveau décor est planté mais nous avons déjà la scène qui se joue. Chacun avec ses mots et son style, d’anciens hauts responsables du pays, qui n’ont rien du boutefeu, un nombre impressionnant de personnalités politiques de l’opposition, des experts — économistes et sociologues – des praticiens de la psychologie et de la psychiatrie tirent la sonnette d’alarme sur tous les plans.
A moins de prendre tous ces avertissements pour de la «politicaillerie», il était nécessaire, pour le pouvoir, de leur prêter, au minimum, l’oreille quelques instants. Ce n’est pas le cas. Des intellectuels, journalistes, artistes préparent un texte pour le respect de la Constitution et le refus de son amendement. Mehri, plus prudent et mesuré que jamais, ressent le besoin de se démarquer et de prendre date avec l’histoire. Benbitour — et il sait de quoi il parle — ne cesse de prévenir sur les conséquences catastrophiques, pour le pays, des orientations et de la politique économique actuelles. Saïd Sadi réitère ses avertissements des dangers qui menacent le pays Algérie, les simples gens ont de nouveau peur, les syndicats autonomes n’en peuvent plus d’appeler le pouvoir à la raison et au respect de la dignité des travailleurs, les jeunes continuent – du moins la grande masse des jeunes — de désespérer et de préférer le mirage et les dangers de la harga. Pour le pouvoir, il y a là, au minimum, matière à s’interroger et pourtant, sur aucune de ces alarmes, il ne daigne répondre, s’expliquer, démentir, présenter des contre-arguments. Comme s’il était sur une autre logique que la logique sous jacente de ces discours : il y a un pays à gérer. Un pays et un avenir. Je crois que la déclaration de Mehri, derrière son extrême prudence, vient nous dire cela. Le problème est autrement plus grave et plus destructeur que la simple question d’un troisième mandat. A chacun de comprendre cette déclaration selon sa grille de lecture mas il est impossible de ne pas la situer dans la série des autres déclarations prévenant du sinistre qui menace le pays. Et, en filigrane, cette déclaration vient renforcer le sentiment que le pouvoir ne s’intéresse plus au pays. Vrai ou faux ? Seul l’examen des faits peut permettre de trancher.
M. B.

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