mardi 08 janvier 2008
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VISITE BLINDÉE !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Dernière minute ! Des recherches minutieuses ont enfin permis de localiser le seul civil encore présent dans la ville de Tam. 

Abdekka

«On ne peut mettre un policier derrière chaque citoyen.» Cette sentence, combien de fois je l’ai entendue. De la bouche de spécialistes des questions sécuritaires et de la lutte contre le terrorisme. C’est un constat sensé de leur part. Il est vrai qu’on ne peut affecter un policier à chaque citoyenne et citoyen. Par contre, on peut affecter 5000 policiers, des centaines de gendarmes, des centaines de policiers de l’ombre, des centaines de militaires de la pénombre et des escadrilles d’avions à la protection d’un seul homme. ABDEKKA ! Pourquoi d’ailleurs s’empêcher de le faire ? On a bien obligé 2 millions de flics déguisés en prieurs à passer la nuit dans une mosquée pour sécuriser l’endroit avant l’arrivée le lendemain du chef de l’Etat pour les cérémonies d’une fête religieuse. Alors, 5000 policiers de plus dans le désert, une flottille d’avions qui fait des loopings au-dessus de troupeaux de dromadaires déroutés et un agent des services tapi dans chaque théière, c’est cela le pays sécurisé ! C’est cela la concorde. C’est cela le pays libéré des zones interdites par le GSPC et le GIA. C’est cela le pays de la fraternité retrouvée. Je ne sais pas pour vous, mais moi, le siège d’une présidence — le lieu par excellence de la souveraineté et du contrôle des choses de l’Etat — qui se transforme en camp retranché, en Fort Alamo, ce n’est franchement pas fait pour me rassurer. Un palais bouclé, un désert où grouillent des petits bonhommes verts, bleus et transparents, ça ne me rassure pas non plus. Ça me rassure d’autant moins qu’il y a quelques jours à peine, une semaine avant le réveillon du Nouvel An et quelques jours après, j’ai partout lu que notre beau désert avait été pris d’assaut par des milliers de touristes étrangers qui ont redécouvert cette destination re-sécurisée. Comment se fait-il alors que ce désert pacifié pour le Nouvel An soit redevenu une zone à haut risque, au point où la DGSN et les autres services de sécurité aient été déménagés à Tam par pont aérien ? Plus crûment : en Algérie, «lah’na ou pas lah’na» ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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