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Dernière minute ! Des recherches minutieuses ont enfin
permis de localiser le seul civil encore présent dans la ville
de Tam.
Abdekka
«On ne peut mettre un policier derrière chaque citoyen.» Cette sentence,
combien de fois je l’ai entendue. De la bouche de spécialistes des questions
sécuritaires et de la lutte contre le terrorisme. C’est un constat sensé de leur
part. Il est vrai qu’on ne peut affecter un policier à chaque citoyenne et
citoyen. Par contre, on peut affecter 5000 policiers, des centaines de
gendarmes, des centaines de policiers de l’ombre, des centaines de militaires de
la pénombre et des escadrilles d’avions à la protection d’un seul homme. ABDEKKA
! Pourquoi d’ailleurs s’empêcher de le faire ? On a bien obligé 2 millions de
flics déguisés en prieurs à passer la nuit dans une mosquée pour sécuriser
l’endroit avant l’arrivée le lendemain du chef de l’Etat pour les cérémonies
d’une fête religieuse. Alors, 5000 policiers de plus dans le désert, une
flottille d’avions qui fait des loopings au-dessus de troupeaux de dromadaires
déroutés et un agent des services tapi dans chaque théière, c’est cela le pays
sécurisé ! C’est cela la concorde. C’est cela le pays libéré des zones
interdites par le GSPC et le GIA. C’est cela le pays de la fraternité retrouvée.
Je ne sais pas pour vous, mais moi, le siège d’une présidence — le lieu par
excellence de la souveraineté et du contrôle des choses de l’Etat — qui se
transforme en camp retranché, en Fort Alamo, ce n’est franchement pas fait pour
me rassurer. Un palais bouclé, un désert où grouillent des petits bonhommes
verts, bleus et transparents, ça ne me rassure pas non plus. Ça me rassure
d’autant moins qu’il y a quelques jours à peine, une semaine avant le réveillon
du Nouvel An et quelques jours après, j’ai partout lu que notre beau désert
avait été pris d’assaut par des milliers de touristes étrangers qui ont
redécouvert cette destination re-sécurisée. Comment se fait-il alors que ce
désert pacifié pour le Nouvel An soit redevenu une zone à haut risque, au point
où la DGSN et les autres services de sécurité aient été déménagés à Tam par pont
aérien ? Plus crûment : en Algérie, «lah’na ou pas lah’na» ? Je fume du thé et
je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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