Actualités : JOURNÉE ARABE DE LUTTE CONTRE L'ANALPHABÉTISME
L'Algérie face au défi de l'alphabétisation


En Algérie et c’est parce que les politiques adoptées dans le cadre de la lutte contre l’analphabétisme, depuis l’indépendance, se sont avérées insuffisantes voire en deçà des attentes, les pouvoirs publics se devaient d’adopter une autre stratégie.
Celle-ci s’est concrétisée l’année dernière après l’adoption par le Parlement le 23 janvier 2007, d’une loi portant nouvelle stratégie nationale de lutte contre l’analphabétisme et ayant pour objectifs de mettre fin aux injustices et aux écarts entre les citoyens, en se donnant comme défi de réduire le nombre d’analphabètes qui était de près de 7 millions à moins de 3 millions et demi à l’horizon 2012 et éradiquer complètement le phénomène à l’horizon 2016. Pour ce faire, le ministre de l’Education nationale a lancé une large campagne intitulée «la lutte contre l’analphabétisme est une affaire de tous». Et le coup d’envoi fut donné par le ministre Benbouzid le 8 septembre dernier à l’occasion de la Journée mondiale de l’alphabétisation. Il exhortera tous les partenaires pouvant apporter un plus à ce noble combat contre l’ignorance à travailler la main dans la main depuis son ministère lequel met à la disposition des personnes illettrées tous les établissements scolaires existant au niveau du territoire, à celui de la formation professionnelle qui assure, lui aussi, les formations complémentaires pour ceux n’ayant aucun diplôme, celui de la Jeunesse et des Sports et celui de la Culture, etc. ; tous ces ministères ont été appelés à unir leurs efforts pour relever le défi lancé par l’Algérie qui reste parmi les pays ayant un nombre assez important d’analphabètes. En effet, d’après les statistiques données hier par le directeur général de l’Office national de lutte contre l’analphabétisme et l’enseignement des personnes adultes, à Bouira où les festivités officielles ont été organisées, en Algérie, 1/5e de la population est analphabète ; soit près de 7 millions de personnes (6,4 millions exactement). Ce nombre assez élevé place le pays en quatrième position dans le monde arabe qui possède plus de 72 millions d’analphabètes. Cela étant, et toujours lors de cette journée, le directeur général de l’Office national a rappelé les objectifs assignés à cette journée instaurée depuis 41 ans au niveau du monde arabe et ce, pour marquer chaque année une halte afin de faire une évaluation et corriger les lacunes. D’après l’hôte du jour, la Ligue arabe pour l’éducation, l’enseignement et la culture, ou l’Alecso considère que l’analphabétisme dans le monde arabe est un phénomène très dangereux qui constitue une contrainte sérieuse contre le développement et la stabilité, et un facteur aggravant de pauvreté et source de toutes les violences. Et là, il rappela que l’Alecso a toujours eu et à juste titre ce slogan permanent «l’analphabétisme est mère de tous les fléaux». Ainsi, outre les constats et les bilans que peuvent établir les pays arabes en pareille occasion, la journée est également une occasion pour eux d’échanger leurs expériences et de multiplier les campagnes de sensibilisation quant aux dangers que constitue l’analphabétisme pour leurs sociétés respectives. Enfin et parlant de la politique nationale dans ce cadre, le directeur général de l’office a rappelé les efforts de l’Etat dans l’enseignement obligatoire et gratuit assuré pour tous les enfants âgés entre 6 et 16 ans, la prise en charge réelle des enfants démunis en leur assurant une prime de scolarité, la gratuité des livres de première année, la généralisation des cantines scolaires à l’échelle nationale ainsi que le transport scolaire. Tous ces efforts tendent à éradiquer le phénomène de non-scolarisation des enfants surtout ceux dont les parents sont démunis, mais aussi, assurer l’égalité des chances entre tous les enfants du pays. En outre, et pour lutter aussi contre la déperdition scolaire, l’autre facteur aggravant et favorisant l’analphabétisme, l’hôte de la wilaya de Bouira a parlé de l’orientation des élèves vers les centres de formation professionnelle, éparpillés à travers tout le territoire national et qui garantissent à l’élève n’ayant pas réussi dans ses études, un métier qui puisse lui offrir une vie plus ou moins décente. Rappelons qu’au niveau de la wilaya de Bouira et selon le directeur de l’éducation, le taux d’analphabétisme représente quelque 33% (la moyenne nationale est de 26,5%) avec 16 160 personnes analphabètes. L’annexe de l’Office national de lutte contre l’analphabétisme inauguré depuis septembre 2002 a formé depuis son lancement quelque 16 905 personnes. Il a rappelé que tous les établissements scolaires au niveau de la wilaya sont ouverts pour assurer au-delà des heures de travail l’enseignement aux personnes analphabètes. Au niveau national, ils sont quelque 531 841 apprenants dont 440 566 du premier niveau, 58 779 du deuxième niveau et 32 526 en troisième niveau, à suivre régulièrement les cours à travers 48 wilayas.
Y. Y.

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