Monde : AFGHANISTAN
Un kamikaze pakistanais, arrêté avant l'attaque, demande pardon


Un Pakistanais, candidat kamikaze neutralisé dans le sud de l'Afghanistan, a demandé hier pardon à la population et au gouvernement de ce pays, lors d'une conférence de presse organisée par la police anti-terroriste à Kaboul.
Mal à l'aise face aux dizaines de caméras, avec sa veste remplie d'explosifs près de lui, Hamidullah, 18 ans, employé comme ouvrier dans la zone de Quetta au Pakistan, a raconté avoir été convaincu par un taliban pakistanais d'aller mener la guerre sainte en Afghanistan contre les troupes étrangères et les forces de sécurité afghanes «infidèles» (non musulmanes dans la terminologie radicale islamiste). «J'étais ouvrier et mes parents ne savent pas que je suis là. Je demande pardon aux Afghans et au président Hamid Karzaï. Je les supplie de me pardonner, j'étais sous l'influence des talibans», a-t-il plaidé. Hamidullah a été arrêté avec un autre attaquant suicide, Alaam Gul, originaire de Quetta également, dans la province de Helmand, a indiqué le chef de la police anti-terroriste, Abdul Manaan Farahi. «Ils tentaient apparemment de mener des attaques-suicide contre le gouverneur de Helmand et le PRT (Equipe de reconstruction provinciale) de la région», a-t-il expliqué. Les deux Pakistanais ont été arrêtés avec leurs deux associés afghans. Leurs vestes étaient reliées à des détonateurs et un interrupteur séparé leur permettait d'actionner leur charge contre leur objectif. M. Farahi a indiqué que ses forces avaient capturé un total de 77 kamikazes potentiels et leurs associés l'an dernier, parmi lesquels 27 étrangers, essentiellement Pakistanais. Les autorités de Kaboul accusent régulièrement le Pakistan d'être la base arrière des talibans, notamment dans les zones montagneuses tribales frontalières séparant les deux pays, ce qu'Islamabad a constamment démenti.

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