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Selon les observateurs très au fait de la scène politique
algérienne, Abdekka a lancé sa campagne pour
un 3e mandat.
Et selon moi, il l’a déjà bouclée !
Il est faux de penser et de dire que tous les chiffres se ressemblent. Non !
Tous les chiffres ne sont pas frères. Et quand bien même tous les chiffres
revendiqueraient haut et fort un statut identique et un traitement itou, il en
est un qui se détache superbement, qui les distance nettement. Sa majesté le
chiffre 3. Il n’y a pas d’équivalent au chiffre 3. D’autres chiffres ont voulu
lui contester cette primauté, ce super statut. Prenez par exemple le chiffre 1.
Prétentieux au diable, le chiffre 1 a de tout temps voulu se présenter comme
l’as des as. Piètres rodomontades ! Avec sa minuscule et ridicule visière
tombant sur un corps décharné et filiforme, le chiffre 1 n’a pas tenu longtemps
la distance devant le galbe et les formes ô combien généreuses du chiffre 3.
Capiteux, alternant les arrondis et de brèves lignes droites, arborant d’un côté
deux belles baies ouvertes comme autant d’invites à l’accostage, et de l’autre
des promontoires agressifs comme autant d’incitation à la découverte échevelée
et hussarde, le chiffre 3 est un condensé de contradictions explosivement
méditerranéennes. Le chiffre 3 est le creuset parfait des passions mixées, des
désirs ardemment contenus, des pulsions mortellement amoureuses. Un temps, le
chiffre 9 a tenté de se prévaloir de sa supériorité numérique. Mais d’apparence
déjà, avec sa barre fichée par terre comme une béquille fragile, le chiffre 9
était frappé d’un handicap disqualifiant. Le chiffre 6, autre candidat à avoir
lorgné le haut du podium, espérant en déloger le chiffre 3 a vite dû déchanter.
Avec sa panse posée lourdement à même le sol et son bras levé haut comme celui
d’un député algérien, le chiffre 6 n’a pas fait illusion longtemps. Au final,
personne dans le sérail des chiffres n’a pu inquiéter sa majesté le chiffre 3.
Presque personne. Car l’on m’a dit le plus grand bien d’un autre chiffre. Un
chiffre discret et qui donne l’impression tenace qu’il attend patiemment son
heure. Le chiffre 4. Mais de ce chiffre 4, je vous en reparlerai plus
longuement. En 2014 ! En attendant, je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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