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Le ministère britannique des Affaires étrangères déconseille
fortement à ses ressortissants de se rendre en
Algérie.
Encore un signe de la paix retrouvée !
Ça doit être en rapport avec le climat. Un microclimat fait d’un mélange
gazeux, laiteux et chargé d’azote de contrebande. C’est la seule hypothèse !
Sinon, comment expliquer que chez nous, en Algérie, une personne peut être
qualifiée de gentille, de sympa et de compétente le matin. Et que dès le soir
tombé, cette même personne nous est donnée à voir sous ses jours les plus
sombres, sous son apparence la plus noire ? Je prends un exemple d’actualité,
donc tout récent. Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU. Lorsqu’il s’est
pointé au lendemain du double attentat d’Alger et qu’il est allé inspecter les
ruines du siège de l’ONU à Alger, j’ai partout lu des articles super-élogieux
sur le monsieur : «Il est beau. Il est magnifique. Il est intelligent. Il est
grand pour un Asiatique. Il a les yeux bleus pour un Asiatique. Il sait de quoi
il parle, même lorsqu’il ne dit rien. Ses silences sont parlants. Ses positions
confortent celles de l’Algérie. Il nous a compris. Nous l’avons compris. Nous
nous sommes compris. Voilà un homme courageux qui n’hésite pas à venir en
personne marcher sur les gravats du quartier de Hydra.» En gros, le Tout Alger
officiel faisait haie d’honneur au Samouraï Ban Ki-moon. Quelques jours après,
et une commission d’enquête indépendante, les mêmes encenseurs ont fait tourner
au vinaigre le port de miel que l’ONU et Alger se partageaient jusque-là : «Mais
qui c’est celui-là le Ki-moon pour oser une commission d’enquête indépendante.
Pour qui il se prend le bridé ? C’est pas un minus pareil qui va nous pomper
l’air ! Faudrait pas qu’il oublie à qui il a affaire. On en a fait plier de plus
coriaces avant lui. Ici, c’est pas un moulin où n’importe quel abruti peut faire
atterrir une commission d’enquête indépendante. C’est pas parce qu’il a plein de
petits drapeaux sur son bureau qu’il va faire de l’ombre à notre drapeau !» Et
quantité d’autres joyeusetés balancées à la volée dans des journaux pas
forcément formatés pour ce genre de charges et d’offensives. C’est pour cela que
je ne vois pas d’autre explication à ce revirement que la thèse climatique.
Tenez ! Prenez vos journaux de ce jeudi matin. Trouvez-y le portrait élogieux
d’un étranger, n’importe quel étranger. Je prends le pari que dans une semaine
jour pour jour, le même étranger sera traité de tous les noms d’oiseaux et
traîné dans la boue. Le microclimat aura encore frappé. C’est sûr ! Je fume du
thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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