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Fin du forum international de Madrid sur le dialogue des
civilisations. Belkhadem regagne Alger.
Toutes les bonnes choses ont une fin
En arrivant aux abords du bunker présidentiel, j’ai eu peur. Très
honnêtement, j’ai immédiatement pensé à une attaque ennemie, à une agression
étrangère qui aurait motivé un tel déploiement de forces. Ambiance
indescriptible de groupes d’intervention de la police nationale, surprotégés par
des casques, des boucliers, des cuissières à pointes métalliques et brandissant
des matraques de couleur marron plus longues et visiblement plus «méchantes» que
les traditionnelles matraques noires. «Bonté divine !» me suis-je dit ! Ça doit
être le Maroc ! Il fallait bien que ça se termine un jour par un clash. A force
de nous insulter par Sahara occidental interposé, aujourd’hui, c’est
l’affrontement final, et notre police est sur le pied de guerre. Puis, voyant
que plus bas, sur le boulevard, en direction du centre-ville, l’ambiance autour
de l’ambassade du Maroc était tranquille, pépère, j’ai dû me rendre à l’évidence
: le danger ne venait pas du Maroc, et les deux royaumes, celui de Mohammed VI
et celui de Abdekka I, n’étaient pas entrés en guerre. Pas encore. «Si ce n’est
pas le Maroc, c’est donc l’ONU !» me suis encore dit ! J’ai alors pris la
direction du siège en réfection de l’ONU afin de vérifier si les Casques bleus
commandés par le méchant Ban Ki-moon, le Gengis Khan des temps modernes,
n’avaient pas déjà été parachutés sur Hydra. Et là aussi, tout comme pour le
Maroc, ambiance tranquiiiiiiiille (à prononcer avec l’accent des
Bouches-du-Rhône). Une ambiance à peine perturbée par les sifflotements des
maçons qui refont la façade de l’immeuble. Mais alors, si ce n’est ni le Maroc
ni l’ONU qui nous menacent, pourquoi nos policiers sont-ils ainsi casqués,
bottés et prêts à en découdre ? La réponse, je l’ai eue devant les lycées du
quartier de Ben-Aknoun. La force terrible qui a contraint le palais à sortir la
grosse artillerie, le danger imminent qui a poussé les plus hautes autorités du
pays à mobiliser tous ces hommes bleus, la menace majeure qui a transformé la
capitale et les autres villes d’El Djazaïr en camps retranchés, cette
calamité-là, elle avait les traits juvéniles et acnéiques de lycéens en jeans et
baskets. Ben dis donc mon frère ! Faut vraiment que nos dirigeants soient au
bord de la crise de nerfs, fragiles comme de la porcelaine de Limoges
contrefaite à El-Eulma et désemparés comme un ours slovaque relâché en plein
maquis de Yakourène pour lancer sur de frêles lycéens les casques bleus, les
camions à eau, les Azrayan et tout le toutim répressif. Yal khaoua d’en haut,
réveillez-vous ! Ouvrez les yeux ! En face de votre armée de policiers, il n’y a
pas les FAR, ni une quelconque armée étrangère. Juste des lycéens. Des enfants !
Ichach'ra ! B’zouza ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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