lundi 21 janvier 2008
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Chronique du jour : KIOSQUE ARABE
Une Constitution en sillicone ?
Par Ahmed Halli
halliahmed@hotmail.com


Tout le monde y va de sa petite antenne : cette fois-ci c’est la bonne, encore un effort, un tout petit mandat de cinq ans et nous touchons au but. Le comble, c’est que tout le monde semble y croire, baratineurs et baratinés, camelots et badauds. Nous sommes face à des illusionnistes sans talent mais jouant pour un public qui ne demande qu’à croire, qu’à regarder ailleurs pendant qu’on lui fait les poches.
C’est le propre de la magie de tout embellir et de vous faire prendre le bus brinquebalant de Chéraga pour une rame de TGV. Bien sûr, le TGV, vous ne l’aurez pas mais vous aurez mieux si vous renouvelez votre confiance, pour la troisième fois, comme on vous le demande. On vous l’a dit avec netteté et franchise : vous ne sauriez pas conduire un TGV mais voter, c’est votre affaire. Voter pour les mêmes personnes, c’est encore plus facile et plus gratifiant. Parole de directeur de campagne. Sur ce sujet, j’ai retenu le papier d’humeur de notre confrère, établi à Londres, Slimane Boussoufa (http://www.elaph.com /ElaphWeb/AsdaElaph/2008/1/294 885.htm), qui a traité du toilettage de la Constitution sous l’angle de la chirurgie esthétique. Il note ainsi que la Constitution algérienne a subi depuis 1962 des opérations de lifting pour la rendre plus belle. On a même eu recours à la liposuccion pour que le texte fondamental soit conforme aux ambitions et aux desseins de ses promoteurs. La Constitution a connu deux opérations, rappelle-t-il, en 1976 et en 1989. Avec l’élimination de ses rides constitutionnelles, l’Algérie est ainsi entrée dans l’ère du multipartisme. En 1996, nouvelle opération pour donner plus de pouvoirs à la présidence au détriment du Parlement. Ce qui a eu pour effet de la rider un peu plus, en dépit de l’implantation de cheveux et d’épilation des sourcils. Son aspect général a commencé à s’enlaidir et elle est devenue obèse. Des voix se sont alors élevées pour dire qu’elle était trop vieille et qu’elle avait besoin d’être rajeunie. Ce rajeunissement impliquait, selon les chirurgiens, des implants mammaires pour lui donner un aspect plus plantureux. Une Constitution requinquée au silicone, la belle affaire ! On s’est aperçu alors que la Constitution en arabe (Destour) était du genre masculin. Or, le peuple algérien n’aime pas les déviations sexuelles et ne saurait accepter que sa Constitution, arabe et masculine, soit efféminée.» Devant ce qui paraît être une impasse, Slimane Boussoufa suggère de changer les pratiques et les mœurs politiques, au lieu de s’attaquer à la loi fondamentale. A défaut, dit-il, il reste un remède connu chez nous et qui est radical «cautériser la plaie». Reste à trouver le chirurgien, adepte de cette méthode et assez qualifié pour la pratiquer. Au demeurant, ne pensez pas que nous sommes les seuls à avoir des problèmes de succession. Le président américain Bush en a aussi. Il ne peut pas rempiler parce que la Constitution américaine le lui interdit. Les Américains se fichent de savoir si leur Constitution est du masculin ou du féminin mais ils ne veulent pas qu’on y touche. S’il le pouvait, Bush ferait comme tout le monde : il amenderait la Constitution pour faire encore un troisième mauvais cycle. Il voudrait bien, cependant, finir sur une belle note un règne des plus catastrophiques. Son rêve serait de rentrer chez lui en ayant réglé le conflit entre Israéliens et Palestiniens. Seulement, avec ses amis dirigeants du Moyen-Orient, ce n’est pas très facile. Ils veulent tous rester indéfiniment au pouvoir ou, à défaut, désigner eux-mêmes leurs propres successeurs. C’est ce qui se passe avec l’allié numéro un de Bush, l’Egyptien Hosni Moubarak. Ce dernier veut non seulement garder le pouvoir, pour lui ou pour son fils, mais il veut encore le droit de mal gouverner. Bush est un très mauvais président, il le sait et il se plie à cette réalité. Seulement, il ne comprend pas comment de plus mauvais que lui peuvent s’accrocher et penser encore à exercer le pouvoir. Or, les critiques et les reproches pleuvent de toutes parts sur Hosni Moubarak. Dernier en date, le Parlement européen a voté une résolution sévère mettant le Raïs en garde contre ses atteintes aux libertés démocratiques. Il lui est notamment reproché de réprimer les cultes ou les religions minoritaires comme les chiites, les bahaïs et les coptes. Mais au lieu de prendre acte de cette résolution et de revoir sa copie, le régime de Moubarak proteste, fulmine et menace. A en croire le gouvernement et sa presse, l’Egypte est un paradis pour les minorités religieuses. C’est sans doute pour ça que des coptes convertis à l’Islam réclament le droit de revenir à leur ancienne religion. Ces malheureux ont embrassé l’Islam dans l’espoir d’obtenir quelques menus avantages mais ils se sont aperçus qu’être musulman en Egypte, ce n’était pas aussi séduisant qu’au premier abord. Seulement, en Egypte comme ailleurs, on peut entrer en Islam mais pour en sortir, c’est une autre affaire. Avec ça, le Parlement européen n’a pas tenu compte de l’état désespéré du système éducatif égyptien. L’écrivain copte Adel Djoundi en dresse, pour le magazine Elaph, un constat sévère et édifiant. Dans cette étude en quatre parties (1), il parle de la «talibanisation » de l’enseignement en Egypte, un système qu’il résume par cette histoire : Anne, petite fille de sept ans, est élève dans une école de langues privée. Un jour, elle arrive chez elle en pleurs parce que la maîtresse lui a donné à apprendre par cœur un «Hadith» qu’elle ne comprend pas. Il est question dans ce «Hadith» d’une femme vouée aux feux de l’enfer parce qu’elle a attaché sa chatte, lui refusant toute nourriture. La maman explique à la petite fille que c’est un texte religieux sacré pour les musulmans. Elle doit cependant lui parler aussi d’un sujet nouveau pour elle, l’enfer. La petite fille apprend le texte du «Hadith» mais le soir, elle rentre encore de l’école en larmes. La maîtresse l’a traitée avec encore plus de rudesse. Elle a bien récité le «Hadith» mais elle a oublié de commencer par la formule rituelle de salut au Prophète. Adel Djoundi affirme qu’une telle histoire était corroborée par des témoignages sur l’intrusion de plus en plus grande de textes religieux dans des matières non religieuses. Ce qui l’a incité à s’intéresser de plus près à certains manuels scolaires, comme ceux de la langue arabe dans le primaire et le moyen. Il a découvert avec surprise que ces manuels étaient devenus, de façon directe ou indirecte, des leçons sur la religion islamique. Les manuels qu’ils a compulsés, au titre de l’année scolaire 2007-2008, montrent que sur les 126 leçons de langue arabe, 52, soit 41%, contiennent des textes sur l’Islam ou s’y réfèrent. Suivent des dizaines d’autres exemples de leçons sur l’environnement, la science ou la propreté, toutes basées sur des textes religieux musulmans. Il ne faut pas s’étonner après ça que le Parlement européen s’émeuve des atteintes à la liberté. Celles-ci commençant déjà aux portes de l’école. Je me demande ce que feraient nos bons musulmans si leurs jeunes enfants scolarisés en Europe devaient apprendre par cœur des passages des Evangiles.
A. H.
(1) Cette étude pourrait se rapporter à l’école algérienne.
Vous pouvez la lire intégralement à partir de cette adresse : http://www.elaph.com/ElaphWeb/ ElaphWriter/2008/1/297126.htm

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