Monde : TCHAD
Des centaines de blessés, surtout civils, à N'Djamena


Les combats entre forces tchadiennes et rebelles ont fait plusieurs centaines de blessés à N'Djamena, essentiellement des civils atteints par des «balles perdues», a annoncé hier à l'AFP à Paris l'organisation humanitaire Médecins sans Frontières (MSF).

Une équipe de MSF travaillant dans un hôpital du sud de la capitale tchadienne a accueilli pour la seule journée de d’avant-hier 48 blessés dont «seulement un combattant », le reste étant des civils, a précisé Isabelle Defourny, responsable de programmes MSF au Tchad, jointe à Paris. Dans un autre établissement, l'hôpital de la Liberté, ont été dénombrés environ 200 blessés, selon des informations transmises à MSF par la Croix-Rouge tchadienne, a ajouté Mme Defourny, soulignant que cet établissement était complètement démuni de moyens, «sans médecin ni chirurgien ». Elle a précisé que les équipes de MSF sur place ne pouvaient se prononcer sur le nombre de morts qu'ont occasionné les combats. L'accès aux blessés et l'approvisionnement en matériel sont rendus très compliqués par les échanges de tirs qui limitent les déplacements en ville. Les personnes amenées dans les hôpitaux souffrent «essentiellement de blessures par balles, surtout des balles perdues», a encore déclaré la responsable de MSF. MSF compte plus de 300 employés au Tchad, la plupart dans l'est du pays vers la frontière soudanaise, où l'organisation ne signalait pas de difficultés particulières hier après-midi. Parmi la trentaine d'employés expatriés, trois ont d'ores et déjà quitté le pays : un par l'entremise de l'armée française, en avion vers Libreville, et deux par la route vers le nord du Cameroun, toujours selon Mme Defourny. De son côté, Action contre la faim (ACF) qui fait travailler quelque 200 personnes au Tchad (dont une dizaine d'expatriés) a indiqué que trois employées françaises basées à N'Djamena avaient été évacuées vers Libreville.

Le grand marché et la radio pillés et détruits

Le grand marché de N'Djamena et la radio nationale tchadienne ont été détruits dimanche par des incendies et des pillages, ont indiqué des témoins à l'AFP. «Le marché public a été en partie incendié dans la matinée à la suite d'un tir d'obus d'un hélicoptère (de l'armée tchadienne) visant des rebelles», a affirmé à l'AFP un témoin. «Ce début d'incendie a créé un début panique, puis la foule est revenue pour piller tout le marché, le spectacle est désolant», a ajouté ce témoin, soulignant que le Tchad «retourne en arrière». La radio a été détruite, pillée par la foule, selon un autre témoin. Jusqu'en milieu de matinée un char de l'armée avait gardé le bâtiment puis s'est retiré faute de munitions. Les rebelles se sont alors emparés du bâtiment puis l'ont quitté aussi, selon cette source. «C'est à ce moment-là que la foule s'est précipitée et a saccagé les locaux, cassant les matériels de diffusion, emportant les ordinateurs », a indiqué un responsable de la radio, affirmant qu'elle était désormais hors d'état de fonctionnement.

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