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Selon des experts, l’Algérie délaisse ses zones humides,
ne s’en occupe pas suffisamment et ne les valorise pas
comme il se doit.
Je suis tout à fait d’accord ! Occupons-nous un
peu mieux de nos zones humides !
Là, c’est sûr ! La campagne pour les présidentielles de 2009 est lancée. Et
de quelle manière ! Superbe ! Eclatante. Pleine de promesses quant à l’avenir.
D’abord, cette justice qui s’est mise au sprint depuis quelques semaines et qui
débite les procès de harragas comme les bûcherons canadiens débitent le bois
dans les majestueuses forêts du Klondike. Hier déjà, j’évoquais ici même cette
performance de nos hommes de loi lorsqu’il s’agit de condamner les zombies
juchés sur des coquilles de noix. Aujourd’hui, et dans la foulée de cette
justice sprinteuse, je veux, à la suite de nombreuses lettres de lectrices et
lecteurs qui m’ont signalé l’information, rendre hommage à cette extraordinaire
initiative qui honore ses promoteurs : la création d’une unité spéciale de la
gendarmerie pour traquer les harragas. Comment, dans la liste infinie des
emmerdements qui nous polluent la vie depuis des lustres, n’avons-nous pas pensé
à créer cette unité d’élite ? Comment avons-nous pu vivre jusque-là sans des
gendarmes renifleurs de barques clandestines ? Maintenant, avec du recul, je
comprends mieux certaines de mes périodes de spleen, de découragement profond et
de quasi-renoncement. Il manquait quelque chose à mon bonheur. Ça, je le savais.
Mais quoi ? Cela, je le sais enfin ! Il manquait cette merveilleuse invention
qui vient de voir le jour, le pandore spécialiste de la traque des harragas. Du
coup, mon stress a vachement baissé, a perdu d’intensité. Comme le stress des
citoyennes et citoyens de la wilaya de Blida. Eux aussi, dans l’énorme fatras de
problèmes qui minent leur quotidien depuis des années avaient conscience que
quelque chose manquait à leur bonheur. Depuis quelques semaines, ça y est ! Ils
sont aux anges. Des policiers ont été mobilisés devant les débits de boissons
afin d’interdire la vente d’alcools. Pas une goutte de kham’r en ville. Même pas
de l’extrait de rose ! Ce sont là les prémices de ce que sera demain. Votre
demain. Une justice rapide à achever ceux qui ont survécu à l’enfer des flots.
Des gendarmes en short et avec tubas pour traquer les traqueurs de rêves. Et des
flics embusqués derrière des échoppes à tendre l’oreille au moindre bouchon qui
saute. Voilà quelques extraits, les premiers extraits de votre bonheur à venir.
Réjouissez-vous, car mazal el kheïr mazal ! Tellement mazal, que je fume du thé
pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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