dimanche 10 fevrier 2008
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Actualités : LE TROISIÈME MANDAT VU PAR LES BRITANNIQUES
"Bouteflika ne doit pas renforcer sa personne"


L’ambassadeur du Royaume-Uni à Alger s’est exprimé ce week-end sur la question de la révision constitutionnelle qui doit assurer un troisième mandat à Abdelaziz Bouteflika. Hendrew Henderson estime qu’en Algérie, «le processus politique est bloqué» et qu’«une bonne partie de la société a perdu espoir».
Tarek Hafid Alger (Le Soir) - Hendrew Henderson a mis de côté la traditionnelle obligation de réserve à laquelle est tenu tout diplomate à l’occasion du colloque «L’Algérie d’aujourd’hui et de demain, et les relations algéro-britanniques» qui s’est tenu jeudi dernier à Londres. Intervenant à l’ouverture de cette rencontre, l’ambassadeur britannique a longuement abordé la situation politique et sociale actuelle. «Avant de prendre mes fonctions en Algérie l’été dernier, j’ai été briefé par le Foreign Office où on m’a dit que les deux choses qui préoccupent les Algériens sont la maladie de leur président et l’insécurité. Mais sur place, je me suis rendu compte que les gens sont plutôt confrontés aux problèmes de santé, d’éducation, de chômage et des prix du lait et de la pomme de terre. Une bonne partie de la société a perdu espoir», a expliqué l’ambassadeur et dont les propos ont été rapportés par plusieurs journaux, dont les quotidiens Liberté et El Qods El Arabi. Hendrew Henderson ira jusqu’au bout de son analyse en abordant la très sensible question de la reconduction de Abdelaziz Bouteflika au pouvoir. «Le président Bouteflika ne doit pas renforcer sa personne en tant que président, mais plutôt l’institution présidentielle pour qu’elle soit plus représentative du peuple algérien et non pas de sa personne (…) le vrai problème du pouvoir en Algérie est avec lui-même et tout ce qui peut apparaître n’est pas la réalité, parce que celle-ci est dans les coulisses», ajoutera-t-il. Dans un entretien express accordé à la correspondante de Liberté à Londres, Hendrew Henderson note que «le processus politique est bloqué», une situation qui «inquiète la communauté internationale». «Des problèmes existent. Il n’est pas bon de les ignorer. Mais, en même temps, il y a une détermination à progresser et à relever des défis. Sur le plan politique cependant, il me paraît qu’en ce moment, le processus est bloqué. En Algérie, tout le monde est focalisé sur la révision de la Constitution et le troisième mandat du président. Il faut déterminer si oui ou non, cette option est retenue. Ce manque de vision sur l’avenir inquiète la communauté internationale. » L’ambassadeur britannique à Alger aurait-il déclaré très haut ce que les responsables des chancelleries occidentales pensent tout bas ? Il semble bien que oui.
T. H.

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