|
Le mois dernier, Ben Bella soutenait le Maroc. Ce mois-ci,
il soutient le Polisario. Et le mois prochain ?
Très honnêtement, je m’en fous un peu !
Quoi ? Des émeutes à Timimoun ? Et c’est dans la presse ? Impossible !
D’ailleurs, il faut toujours vous méfier de la presse et plus particulièrement
des chroniqueurs. Pour ma part, je ne peux pas croire un seul instant que des
émeutes aient pu éclater à Timimoun. Je connais le Sud algérien. J’ai des cartes
postales du désert accrochées dans mon bureau. J’ai des almanachs avec quantité
de posters représentant des dunes majestueuses. J’ai toute une collection de
«chèches pur Sud» dans mon dressing. Je porte une croix du Sud en argent autour
du cou. J’ai une petite fiole remplie de sable du Grand Erg oriental posée
au-dessus de l’écran de mon ordinateur. Je lis tous les jours des annonces
d’agences de voyages proposant à «prix cassants» des week-ends de rêve dans le
Sud. Et, argument massue, je n’ai que quelques pas à faire pour consulter, à la
documentation, des journaux datant de la dernière visite de notre bien-aimé
président (que Dieu lui accorde longue vie) à Tamanrasset et à In Salah. La
vérité est là ! En titres bien noirs et bien gras. En articles bien longs et
remplis d’adjectifs gentils. «La population du Sud fait un triomphe à Bouteflika.»
«Les Sudistes disent oui au raïs.» «Le Sud honore son président.» «Au Sud,
Bouteflika est chez lui.» Et toute une série d’autres titres qui démontrent
clairement que les populations du Sud ont le sens de l’hospitalité, aiment leur
président, souhaitent le voir rempiler pour 5 ans et plus et n’ont aucune raison
de se plaindre de leur sort. C’est donc forcément une forfaiture à laquelle nous
assistons aujourd’hui à travers ces pseudo-émeutes de Timimoun. Tout va bien à
Timimoun ! Rien n’a bougé à Timimoun. Aucun pneu n’a brûlé à Timimoun ! Timimoun
va bien. Tout comme va très bien toute l’Algérie. Alhamdoulillah ! Alors, fumez
du thé et restez éveillés à ce cauchemar qui ne continue que dans la tête des
journalistes, et plus particulièrement des chroniqueurs.
H. L.
|