mercredi 20 fevrier 2008
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LES PROMESSES QUI NE MANGENT PAS DE PAIN !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Al-Qaïda Maghreb dément formellement : «A Tadmaït, nous n’avons ciblé ni Tabou ni le FFS.» 

Si même Al-Qaïda se met au Ni Ni…

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement vient d’en faire l’annonce : «Le projet de statut du journaliste sera finalisé avant la fin du premier semestre 2008.» Cette déclaration m’a plongé dans une profonde perplexité. Je dirai même plus, dans une perplexité profonde. A moins de souffrir de troubles de la mémoire graves, cette phrase, à l’identique, si l’on excepte l’année, je l’ai entendue prononcée par le prédécesseur de Boukerzaza. Et par le prédécesseur du prédécesseur de Boukerzaza. Je ne suis pas sûr à cent pour cent, mais il me semble bien l’avoir déjà entendue il y a près de trois décennies, lorsque, à peine débarrassé de mes boutons d’acné, j’entrais dans le saint du saint du journalisme de l’époque, le 20, rue de la Liberté. Tous ces messieurs et la madame en charges successives du secteur de la presse ont, sur le même ton de la promesse ferme, juré que le statut du journaliste était sur «le point final d’être finalisé définitivement et sur le point d’être incessamment sous peu soumis à l’approbation terminale». Instruit par le temps et par les taches de son qui se sont substituées à l’acné, je n’attendrai pas la fin du premier semestre 2008 pour vérifier si l’actuel ministre tiendra le calendrier qu’il annonce aujourd’hui. Très sincèrement, je pense que la presse algérienne, celle de la douleur, s’est faite, s’est aussi faite sans ce statut camisole que les pouvoirs successifs ont tenté de lui poser de force. Par contre, je serai assez tenté par l’élaboration d’un autre statut. Le statut des ministres qui s’engagent de manière datée à réaliser un truc, qui ne le réalisent pas et qui s’en vont ensuite, en sifflotant, les mains croisées dans le dos, le pas léger et le museau pointé vers un autre ministère ou une ambassade. C’est que c’est un métier ça, monsieur ! Et pas donné à n’importe qui ! Annoncer des projets de statuts qui n’aboutissent jamais, ça ne s’apprend pas au pied levé. C’est un art qui frise le sublime, la virtuosité. Uns science proche de la perfection. Rien que pour ça, il leur faut un statut. Par contre, pas de statue. Car je ne vois pas, en Algérie de terrain assez vaste pour y ériger toutes les statues dédiées à tous les ministres ayant pompeusement annoncé la finalisation d’un projet qui … n’a jamais vu le jour ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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