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Al-Qaïda Maghreb dément formellement : «A
Tadmaït, nous n’avons ciblé ni Tabou ni le FFS.»
Si même Al-Qaïda se met au Ni Ni…
Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement vient d’en
faire l’annonce : «Le projet de statut du journaliste sera finalisé avant la fin
du premier semestre 2008.» Cette déclaration m’a plongé dans une profonde
perplexité. Je dirai même plus, dans une perplexité profonde. A moins de
souffrir de troubles de la mémoire graves, cette phrase, à l’identique, si l’on
excepte l’année, je l’ai entendue prononcée par le prédécesseur de Boukerzaza.
Et par le prédécesseur du prédécesseur de Boukerzaza. Je ne suis pas sûr à cent
pour cent, mais il me semble bien l’avoir déjà entendue il y a près de trois
décennies, lorsque, à peine débarrassé de mes boutons d’acné, j’entrais dans le
saint du saint du journalisme de l’époque, le 20, rue de la Liberté. Tous ces
messieurs et la madame en charges successives du secteur de la presse ont, sur
le même ton de la promesse ferme, juré que le statut du journaliste était sur
«le point final d’être finalisé définitivement et sur le point d’être
incessamment sous peu soumis à l’approbation terminale». Instruit par le temps
et par les taches de son qui se sont substituées à l’acné, je n’attendrai pas la
fin du premier semestre 2008 pour vérifier si l’actuel ministre tiendra le
calendrier qu’il annonce aujourd’hui. Très sincèrement, je pense que la presse
algérienne, celle de la douleur, s’est faite, s’est aussi faite sans ce statut
camisole que les pouvoirs successifs ont tenté de lui poser de force. Par
contre, je serai assez tenté par l’élaboration d’un autre statut. Le statut des
ministres qui s’engagent de manière datée à réaliser un truc, qui ne le
réalisent pas et qui s’en vont ensuite, en sifflotant, les mains croisées dans
le dos, le pas léger et le museau pointé vers un autre ministère ou une
ambassade. C’est que c’est un métier ça, monsieur ! Et pas donné à n’importe qui
! Annoncer des projets de statuts qui n’aboutissent jamais, ça ne s’apprend pas
au pied levé. C’est un art qui frise le sublime, la virtuosité. Uns science
proche de la perfection. Rien que pour ça, il leur faut un statut. Par contre,
pas de statue. Car je ne vois pas, en Algérie de terrain assez vaste pour y
ériger toutes les statues dédiées à tous les ministres ayant pompeusement
annoncé la finalisation d’un projet qui … n’a jamais vu le jour ! Je fume du thé
et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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