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Boukerzaza à la Maison de la presse : «Il faut gagner la bataille de l’information
! » Tout à fait d’accord !
Mais la gagner contre qui ?
Tous ceux qui pensent que Abdekka fait volontairement durer le
suspense, ménage sadiquement ses effets, fait languir l’assistance et
joue avec les nerfs de tout le monde sur la question du 3e mandat sont
des mauvaises langues patentées, des êtres tout entiers faits de
mauvaise foi et des ingrats qui ne mesurent pas l’étendue de la tâche
présidentielle et la pénibilité de cette haute charge. En fait, si
Boutef’ n’a pas encore dit s’il se présentait à sa «propre» succession,
c’est tout simplement parce qu’il … n’a pas le temps ! Eh ouais !
Abdekka est un président débordé, surbooké. Et je n’invente rien !
Prenez son dernier voyage en Russie. Une fois la visite expédiée, notre
raïs a repris l’avion en direction d’Alger. Toute autre personne aurait
profité du vol retour pour s’assoupir un peu, fermer les yeux, allonger
les jambes et récupérer de la fatigue. Eh ben, lui, non ! Lui a écrit.
Lui n’a pas arrêté d’écrire. Il a écrit tout le temps. J’ai la preuve
qu’il a frénétiquement noirci du papier à lettres. C’est dans El
Moudjahidde ce jeudi. Abdekka a écrit au président de la République de
Belarus. A Alexandre Loukachenko, notre chef de l’Etat a «réitéré son
entière disponibilité à œuvrer pour le raffermissement des relations
bilatérales». A peine cette lettre cachetée et postée, Boutef’ a repris
une autre feuille et a rédigé une autre lettre, celle-là adressée à son
homologue polonais. A Lech Kaczynski, notre président bien-aimé a
exprimé «le vœu que les relations qui existent entre les deux pays
puissent se consolider davantage au bénéfice des deux peuples amis». Un
petit coup de langue sur l’enveloppe, et hop ! Une autre feuille 21/27.
Cette fois-ci une bafouille au président de la République tchèque. A
Vaclav Klaus, Abdekka a tenu à adresser ses «chaleureuses salutations».
La langue déjà un peu sèche à force d’humecter les enveloppes, le chef
de l’Etat algérien a tout de même continué stoïquement son boulot
épistolaire. Il a écrit à son homologue autrichien. A Heinz Fisher,
Bouteflika a transmis tous ses «vœux au peuple autrichien ami». Le doigt
passablement engourdi, Abdekka a tout de même poursuivi son marathon. Il
a écrit au président de la Slovénie. A Damilo Türk, Abdekka a adressé
ses «sincères vœux de santé et de bonheur personnels». A ce stade-là,
tout autre être normalement constitué se serait effondré de fatigue,
aurait été terrassé par des crampes aux doigts et aurait eu une langue
épaisse comme un steak de chez Buffalo Grill (avant le scandale). Lui,
non ! Il a continué à écrire le scribe ! Trois autres lettres ! A
Stjepan Mesic, le président de la Croatie. A Giorgio Napolitano, son
homologue italien. Et enfin, à Nicolas Sarkozy, le chef de l’Etat
français. Et il aurait pu poursuivre la rédaction de son courrier si son
avion avait survolé d’autres républiques et d’autres royaumes. Remarquez
que je me réjouis un peu que ce voyage retour ait pris fin avec ce
dernier message à Sarko. Je n’avais plus de place dans cette chronique
pour d’autres lettres. 8 en tout ! 8 missives toutes de gentillesses
rédigées. Et certains trouvent que Abdekka met trop de temps, traîne des
pieds pour se prononcer sur la question du 3e mandat ? M’enfin ! Vous ne
voyez donc pas qu’il est débordé le pauvre monsieur ? Je fume du thé et
je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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