Périscoop : BAZOOKA
CHOISIR UN AUTRE PEUPLE
Par Mohamed Bouhamidi
mbouhamidi2001@yahoo.fr


Hier à midi, les personnels de la santé et de l’éducation ont suivi la grève. De façon significative. Docents, maîtres-assistants, spécialistes et professeurs en sciences médicales se sont mis de la partie. A des degrés divers. Difficile de les stigmatiser sous le terme d’agitateurs. En utilisant ce terme, le gouvernement aura déclaré la guerre à ce qui nous reste d’élite dans le pays. Surtout que les chiffres nous indiquent le départ à l’étranger de plus de 500 spécialistes.
Le mouvement touche pratiquement tous les métiers de haute spécialisation : médecins, pilotes d’Air Algérie, enseignants universitaires, ingénieurs et techniciens du forage les plus performants, etc. Dans le secteur de l’éducation, les enseignants confirment leur engagement. Première cohorte des travailleurs à entrer dans la protesta, ils restent la base de masse de ce mouvement social. Dans le secteur administratif, les syndicats autonomes ont moins de réussite. Normal, tout à fait normal. Le monde des APC, des daïras et des wilayas est un monde à part. Si bien qu’une grève massive dans ce secteur indiquerait une situation de crise majeure. Mais la moyenne générale de cette protesta reste dans la détermination des fonctionnaires à faire aboutir leurs revendications. En général, des grèves à répétition qui ne débouchent pas sur des gains entraînent une chute de la mobilisation. Or, nous observons exactement le contraire. Malgré le refus du gouvernement de répondre à l’essentiel du cahier de revendications, la mobilisation se maintient partout, se renforce et s’élargit par endroits. La confrontation se durcit avec le long communiqué menaçant du gouvernement. Ce dernier ne peut plus ignorer les mouvements de grève et de leur opposer l’allusion d’augmentations de salaire convenues avec l’UGTA. Même cette instruction à la limite de la légalité, d’appliquer la nouvelle grille des salaires sans l’adoption des statuts particuliers n’a pas démobilisé les travailleurs. Au-delà de cette question de salaire, les syndicats autonomes revendiquent d’être reconnus comme partenaires. A moins que le gouvernement ne décide de dissoudre notre peuple pour en choisir un autre, comme le disait si bien Bertolt Brecht.
M. B.

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