Monde : RUSSIE
Le dauphin de Poutine prend des vacances pour faire campagne


A quatre jours de la présidentielle russe, le favori de l'élection Dmitri Medvedev a pris un jour de «vacances» hier, pour faire campagne comme simple candidat après avoir sillonné le pays en tant que premier vice-Premier ministre.
«Dmitri Medvedev est en vacances d'un jour non payées le 27 février», a annoncé très sérieusement le gouvernement dans un communiqué sur son site officiel. Devant un parterre d'électeurs triés sur le volet dans une salle de Ninji- Novgorod, à 440 km à l'est de Moscou, M. Medvedev a promis d'assurer «la continuité» de la politique de Vladimir Poutine dans une Russie «gavée de révolutions» et qui a «besoin d'un répit». Jouant la décontraction, en chemise blanche et veste sombre mais sans cravate, il a parlé de la nécessité d'augmenter les retraites, d'abaisser le prix des billets d'avion pour les habitants de l'Extrême-Orient russe ou de lutter contre la corruption. Adoubé par M. Poutine en décembre, le candidat du pouvoir, qui est crédité de 61 à 80% d'intentions de vote selon les sondages, s'est refusé à faire une campagne classique, avec meetings et débats télévisés, expliquant qu'il devait poursuivre son travail gouvernemental au service des Russes et n'avait pas de temps à perdre. M. Medvedev est en revanche omniprésent sur les chaînes de télévision publiques qui montrent son moindre déplacement à travers le pays à la rencontre des agriculteurs, militaires, hommes d'affaires ou mères de famille, officiellement en tant que premier vice-Premier ministre. Ses adversaires sont le communiste Guennadi Ziouganov, l'ultranationaliste pro-Kremlin Vladimir Jirinovski et l'obscur candidat pro-européen Andreï Bogdanov. La rencontre de Ninji-Novgorod avait été préparée dans le plus grand secret, la centaine d'électeurs présents, venus de toute la Russie, ayant été sélectionnés par les permanences régionales de M. Medvedev. «Je comprends à quel point il est important pour le pays de maintenir la stabilité et la continuité» de la politique, a déclaré M. Medvedev cité par l'agence Itar-Tass. «Nous avons besoin de décennies de développement stable», a-t-il poursuivi, assis sur un podium sur fond d'une grande affiche où il était écrit «Ensemble nous gagnerons». «Si les Russes me confient la direction de l'Etat, je m'engagerai à poursuivre la politique qui a prouvé son efficacité, le cours du président Poutine» qui a promis de devenir son Premier ministre, a-t-il poursuivi jugeant que ce tandem allait «être utile» pour le pays. Concernant la politique internationale, M. Medvedev a pris position sur le dossier du Kosovo dont l'indépendance soutenue par plusieurs capitales occidentales est fermement dénoncée par Moscou. «Nous allons soutenir la Serbie dans ses exigences d'annuler les décisions illégales sur le Kosovo et pas seulement à la tribune de l'ONU», a déclaré M. Medvedev ajoutant que l'aide de la Russie serait «morale» mais aussi «économique».

Nombre de lectures :

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable