Les attaques terroristes en Kabylie se suivent mais ne se ressemblent pas. La dernière en date, survenue dans la nuit de samedi, vers 23h30, a de quoi laisser sans voix tant elle est différente de celles qui ont eu lieu depuis trois ans maintenant. Des attaques qui lorsqu’elles ne ciblent pas les différents corps des services de sécurité visent de manière privilégiée les institutions financières et bancaires dans les quatre coins de la wilaya de Tizi-Ouzou. Selon plusieurs sources locales, le groupe ayant investi, dans la nuit de samedi, Tizi- Rached, à une vingtaine de kilomètres à peine à l’est de Tizi-Ouzou, était impressionnant et par son nombre et par l’arsenal dont il disposait. Impressionnant, mais personne parmi ces sources locales n’a pu déterminer avec exactitude combien ils étaient, sauf qu’ils ont surgi de partout, par petits groupes. Selon d’autres sources, toujours sur place, ils étaient une dizaine de terroristes, dont certains s’étaient déguisés en policiers et aussi lourdement armés. Dans les deux versions, les assaillants agissaient à visage découvert, ce qui ne fait aucun doute sur le «type» des malfrats. Apparemment, si l’on doit se fier à la dernière version, ils s’étaient signalés quelques dizaines de minutes plus tôt à Aït-Aggouacha, à une dizaine de kilomètres plus au sud, en érigeant un faux barrage pour délester deux citoyens de leurs véhicules respectifs. De là, ils ont pris la direction de Tizi- Rached où ils se sont d’abord attaqués à l’agence locale de la Banque de l’agriculture. Ils s’y sont introduits en défonçant la porte d’entrée de la toute nouvelle agence à l’aide d’un premier engin explosif, apparemment de fabrication artisanale. C’est, selon un témoignage, tout juste avant cette première explosion qu’un policier, Y. Arab, alerté par le bruit induit par cet inhabituel mouvement, est sorti d’un immeuble tout proche. Il sera accueilli par une rafale d’armes automatiques qui le tua sur le coup. La victime est originaire de Bouzeguène et père de trois enfants. De la succursale de la BADR, les terroristes sont sortis bredouilles puisque l’agence n’est pas encore fonctionnelle, donc pas de trace du moindre billet. De là, ils se rendirent au tout proche bureau de poste où ils ont opéré en faisant exploser l’entrée principale pour ensuite vider le coffre-fort de son contenu dont on n’a pas voulu divulguer la somme avec exactitude. Une incursion qui a duré une vingtaine de minutes, selon les deux versions. Elle prit fin avec l’arrivée des éléments de l’armée qui ont eu un violent accrochage avec les terroristes à l’une des sorties de Tizi-Rached. Selon un observateur de la scène sécuritaire en Kabylie, il n’est pas à exclure que le siège de Tizi-Rached, samedi, a été commis par ce groupe terroriste accroché par les services de sécurité, 24 heures plus tôt, dans les environs d’Aït-Yahia, à une trentaine de kilomètres plus au sud, dans la daïra de Aïn-El- Hammam, où ils rackettaient les usagers du chemin de wilaya reliant Tizi-Ouzou et Mekla. Azedine Maktour
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