lundi 03 mars 2008
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La fable de l'homo algerianus, du lapin et du chapeau !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Russie. Elections présidentielles. Sans surprise victoire… 

…du Polonium 210

L’homme est unique. Il n’a pas son pareil dans son domaine d’activité. Il a bien été imité. Des copies de lui ont été mises en circulation. Un gang de faussaires qui tentaient de le reproduire à l’exact a bien été démantelé «grâce à la célérité et à la vigilance des forces de sécurité j’adore cette formule !), rien n’y a fait. L’homme reste unique. Inimitable. Et pour cause ! En 1958, écoutant De Gaulle sur le parvis du G. G., le gouvernement général, il s’est écrié «c’est lui qu’il nous faut ! Il doit rester !». En 1962, écoutant Ben Bella au sortir d’un hammam, il s’est écrié : «c’est lui qu’il nous faut ! Il doit rester !» En 1965, écoutant Boumédiène au sortir d’une caserne enfumée par le cigare, il s’est écrié : «c’est lui qu’il nous faut ! Il doit rester !» En 1979, écoutant Chadli Bendjedid au sortir de l’ancêtre des congrès de redressement du FLN, il s’est écrié : «c’est lui qu’il nous faut ! Il doit rester !». En 1992, écoutant Boudiaf à la descente d’un avion en direction vers l’enfer, il s’est écrié : «c’est lui qu’il nous faut ! Il doit rester !» Alors qu’il n’avait pas fini d’écouter Boudiaf, on l’a obligé à écouter Kafi et il s’est écrié : «c’est lui qu’il nous faut ! Il doit rester !» En 1994, écoutant les silences parlants de Zeroual, il s’est écrié : «c’est lui qu’il nous faut ! Il doit rester !» En 1999, écoutant Bouteflika au sortir d’une traversée de désert rose, il s’est écrié : «c’est lui qu’il leur faut ! Il doit rester !» Et les experts en durée de vie, les spécialistes en vieillissement sont formels. Notre homme sera encore là, dans les années et siècles à venir, d’aplomb pour s’écrier : «c’est lui qu’il nous faut ! Il doit rester !» Essayez, vous, d’imiter sa performance. Vous pensez qu’il est aisé de dire de chacun de ceux qui se sont succédé malgré nous à la tête de ce pays que «seul lui peut nous gouverner, que nul autre ne peut mieux nous diriger» ? Ne vous y aventurez même pas ! Cet homme, cet Homo Algerianus en perpétuel constat d’ébahissement juvénile devant les lapins qu’on lui sort du chapeau et du képi s’écriera avec ravissement : «c’est lui qu’il nous faut ! Il doit rester !» C’est cela qui compte aujourd’hui. Quant à ceux qui ne croient pas aux lapins sortis des coiffes, ils peuvent toujours ronger leur frein en fumant du thé pour rester éveillés à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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