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Russie. Elections présidentielles. Sans surprise victoire…
…du Polonium 210
L’homme est unique. Il n’a pas son pareil dans son domaine d’activité. Il a
bien été imité. Des copies de lui ont été mises en circulation. Un gang de
faussaires qui tentaient de le reproduire à l’exact a bien été démantelé «grâce
à la célérité et à la vigilance des forces de sécurité j’adore cette formule !),
rien n’y a fait. L’homme reste unique. Inimitable. Et pour cause ! En 1958,
écoutant De Gaulle sur le parvis du G. G., le gouvernement général, il s’est
écrié «c’est lui qu’il nous faut ! Il doit rester !». En 1962, écoutant Ben
Bella au sortir d’un hammam, il s’est écrié : «c’est lui qu’il nous faut ! Il
doit rester !» En 1965, écoutant Boumédiène au sortir d’une caserne enfumée par
le cigare, il s’est écrié : «c’est lui qu’il nous faut ! Il doit rester !» En
1979, écoutant Chadli Bendjedid au sortir de l’ancêtre des congrès de
redressement du FLN, il s’est écrié : «c’est lui qu’il nous faut ! Il doit
rester !». En 1992, écoutant Boudiaf à la descente d’un avion en direction vers
l’enfer, il s’est écrié : «c’est lui qu’il nous faut ! Il doit rester !» Alors
qu’il n’avait pas fini d’écouter Boudiaf, on l’a obligé à écouter Kafi et il
s’est écrié : «c’est lui qu’il nous faut ! Il doit rester !» En 1994, écoutant
les silences parlants de Zeroual, il s’est écrié : «c’est lui qu’il nous faut !
Il doit rester !» En 1999, écoutant Bouteflika au sortir d’une traversée de
désert rose, il s’est écrié : «c’est lui qu’il leur faut ! Il doit rester !» Et
les experts en durée de vie, les spécialistes en vieillissement sont formels.
Notre homme sera encore là, dans les années et siècles à venir, d’aplomb pour
s’écrier : «c’est lui qu’il nous faut ! Il doit rester !» Essayez, vous,
d’imiter sa performance. Vous pensez qu’il est aisé de dire de chacun de ceux
qui se sont succédé malgré nous à la tête de ce pays que «seul lui peut nous
gouverner, que nul autre ne peut mieux nous diriger» ? Ne vous y aventurez même
pas ! Cet homme, cet Homo Algerianus en perpétuel constat d’ébahissement
juvénile devant les lapins qu’on lui sort du chapeau et du képi s’écriera avec
ravissement : «c’est lui qu’il nous faut ! Il doit rester !» C’est cela qui
compte aujourd’hui. Quant à ceux qui ne croient pas aux lapins sortis des
coiffes, ils peuvent toujours ronger leur frein en fumant du thé pour rester
éveillés à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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