Actualités : TIZI-OUZOU
Sit-in des enseignants et stagiaires de l'INSFP de Oued-Aïssi


En grève illimitée depuis le 23 février, les enseignants et les stagiaires de l’Institut supérieur de formation professionnelle (INSFP) de Oued-Aïssi, près de Tizi-Ouzou, ont fait un marathon d’une dizaine de kilomètres à pied pour prendre part au sit-in organisé, hier à 10h, devant leur tutelle de wilaya, la DFP, située à l’extrémité ouest du chef-lieu, en face de l’académie.
Le blocage de l’autoroute, RN12, par les citoyens du village Sith-Oumedour dont les revendications vieilles de plusieurs années restent pendantes à ce jour, n’a pas dissuadé, en effet, les grévistes de rejoindre le chef-lieu de wilaya à pied afin d’exprimer leur solidarité avec un enseignant, victime d’une machination ruminée, selon les témoignages recueillis sur place, depuis 3 ans par le directeur en place. Croyant dur comme fer que son ex-DES était à l’origine de sa destitution en 2004, le chef d’établissement actuel n’a pas cessé, depuis sa réinstallation, de chercher des noises à M. Z. Djamel qu’il a d’abord relevé de son poste de DES avant de le révoquer, à l’issue d’un simulacre de procès en commission de discipline, sous le prétexte infamant de harcèlement sexuel contre une stagiaire, témoignent les protestataires qui soutiennent fermement la victime, soulignant qu’elle est irréprochable tant au plan pédagogique que moral. Il s’agit, affirment les enseignants, d’une paranoïa développée par le chef d’établissement depuis ses antécédents avec l’administration centrale du ministère aggravée par une jalousie d’ordre professionnelle. La victime qui cumule 19 ans d’expérience aura été, grâce à ses compétences reconnues, le principal pivot de l’établissement. Il s’agirait aussi d’une diversion aux problèmes de gestion de l’établissement qui manquait d’équipement de laboratoires jusqu’à la visite, il y a un mois environ, des inspecteurs du ministère. Enseignants et stagiaires sont unanimes pour signaler l’absence d’infrastructures sportive et de loisirs, une médiocre restauration en dépit du budget de 800 millions alloué à la cantine, un manque de matériaux nécessaires aux travaux pratiques des stagiaires ; il n’y a que 4 douches en fonction pour 250 stagiaires de sexe masculin signale-t-on de mêmes sources, et par-dessus tout, un refus catégorique, depuis 18 mois, de dialoguer y compris avec le corps enseignant. Vis-à-vis des stagiaires, l’administration fait régner l’ordre par la terreur de l’exclusion, aucune revendication ni protestation n’est tolérée. C’est le ras-le-bol affirment les stagiaires qui n’en peuvent plus de vivre sous la menace permanente de quelques éléments de la direction. Signalant qu’un groupe de trois enseignants et autant de stagiaires a été reçu par Mme la directrice de la formation professionnelle dans la matinée, la délégation qui ne semblait pas se faire trop d’illusions quant à la réintégration de leur camarade, entendait réclamer l’accès au sein de l’établissement afin de poursuivre leur mouvement jusqu’à ce que la victime du complot retrouve sa place. Les grévistes sont empêchés depuis mercredi de pénétrer dans l’institut. Ils sont dans la rue le long de la RN 15 exposés aux accidents de la route, aux agressions, voire à des attentats qui pourraient viser la garde communale toute proche.
A. Maktour



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