Périscoop : BAZOOKA
LE BAL DES INGÉRENCES
PAR MOHAMED BOUHAMIDI
mbouhamidi2001@yahoo.fr


Le chef — pardon ! — le coordinateur du gouvernement vient de s’insurger contre les invitations lancées par l’ambassadeur des Etats-Unis à des personnalités algériennes pour discuter de la question de la révision de la Constitution. Dans l’absolu, nous aurions pu comprendre qu’il s’agit d’une défense résolue de la souveraineté nationale si toutes les semaines n’arrivaient pas des délégations ou des responsables étrangers reçus en grande pompe et qui s’ingèrent en direct à la télévision nationale dans nos affaires intérieures.
Ces panels ou ces personnalités arrivent, nous disent les choses que nous avons bien faites et nous disent ce que nous devrions faire. Le dernier en date fut monsieur Welch, le monsieur Afrique du Nord et Moyen-Orient dans l’Administration américaine. Il a bien distribué les bons et les mauvais points et il a bien conseillé le pays sur ce qu’il reste à faire ? Le gars de l’Union européenne aussi et la dame de l’UE qui est arrivée hier ne s’est pas privée de nous indiquer la direction que nous devrions prendre. Avant eux, les experts du FMI, nous avaient doctement indiqué nos points forts et nos points faibles en nous montrant la voie à suivre. Toujours en présence de ministres et toujours à la télévision. C’est toujours le même discours : privatiser et encore privatiser, démanteler les barrières douanières, ne plus s’occuper d’industrialiser le pays, leur donner plus de droits en matière d’hydrocarbures et, bien sûr, privatiser les banques. Si ce n’est pas de l’ingérence dans les grandes largeurs, qu’est-ce que c’est ? Tout nous devient incompréhensible quand le coordinateur du gouvernement invite l’opposition à ne pas se rendre à ces invitations. Lui a le droit de se concerter avec les étrangers sur la politique nationale mais pas l’opposition ! Pis, lui a le droit de mêler Sarkozy à la question du troisième mandat en laissant l’impression, à tout le monde, qu’il demandait au président français de bénir l’opération. Il ne doit pas se rendre compte de la fonction des symboles en politique. En faisant cela, il a ouvert les portes aux ingérences anglaises et américaines et il ne peut interdire à l’opposition ce qu’il se permet et permet à ces délégations qui viennent nous montrer le bon chemin. Il y a longtemps qu’il aurait dû se rendre compte que les questions relatives à la place de l’Algérie dans le monde et face aux grandes puissances devaient être concertées avec l’opposition pour créer un front interne de résistance aux pressions extérieures. Et comprendre que les flatteries de l’UE ou des USA indiquent seulement que le pays se plie à leurs «conseils» sans qu’ils aient un prix à payer ou un effort à faire.
M. B.

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