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3e mandat. Bensalah met la pression sur Abdekka
Hi ! Hi ! Ho ! Ho ! Ha ! Ha !
Je trouve cela proprement hallucinant. Entendre le président du Sénat
expliquer que l’amendement de la Constitution est dicté par l’époque, que
réformer ce texte fondamental est tout à fait normal et qu’un 3e mandat pour
Abdekka est la suite naturelle des deux premiers, cela me laisse sans voix. Pour
une raison toute bête. Bête à chialer de rage : Abdelaziz Bouteflika n’a
toujours pas renseigné sur son intention d’amender la Constitution ni sur
l’intensité de son désir de rempiler pour une nouvelle mandature. C’est donc une
première, et c’est pour cela que j’ai usé du qualificatif «hallucinant ». Nous
voilà donc entrés allègrement dans l’ère de l’anticipation des désirs
présidentiels. De caisse à résonance des discours prononcés au palais, fonction
qui leur était «naturellement» dévolue jusque-là dans la culture démocratique
qui est la nôtre, les chambres parlementaires viennent d’accéder maintenant à un
nouveau statut : chauffer la salle autour d’un concert auquel la mégastar n’a
pas encore confirmé sa participation. Ya bouguelb ! C'est-à-dire que nous ne
sommes plus dans la fiction politique, mais carrément dans la science-fiction.
Les appareils et les institutions d’Etat se chargent officiellement d’une
mission que le patron du palais, seule personne habilitée à les «missionner» ne
leur a toujours pas confiée … officiellement. Plus tordue donc que la
science-fiction politique, nous entrons là dans la politique informelle,
l’activisme du cabas, le trabendo. Dans les cours de l’ancien empire nippon, on
n’en demandait pas autant aux geishas. Certes, elles devaient veiller au moindre
désir du maître. Mais elles étaient tenues d’attendre, pour s’exécuter, un signe
de lui, ne fusse qu’un battement de cils. Il est vrai que certains pourraient me
rétorquer, qu’ici, sur notre bonne terre d’Al Djazaïr, en matière de battements
de cils, nous sommes plus proches de Marilyn Monroe que des discrètes geishas.
Et ils auraient raison, les bougres ! Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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