Répondant aux interpellations des députés dans un hémicycle quasiment vide, le ministre chargé des relations avec le Parlement, qui parlait au nom de celui du Commerce, a tenté d’expliquer la désorganisation que connaît le marché des produits de première nécessité.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - A un parlementaire qui lui demandait
de clarifier le rôle «régulateur» de l’Etat, Mahmoud Khoudri a expliqué
que les services du ministère du Commerce ne sont pas passifs face à la
désorganisation du marché. Il en veut pour preuve, les 721 000
interventions des agents de contrôle qui ont rédigé 115 000
procès-verbaux, dont 107 000 ont été remis à la justice. Les services de
contrôle ont signifié 12 000 décisions de fermeture de locaux. Des
opérations qui ont permis de découvrir que 90,5 milliards de dinars de
transactions ont été effectuées sans factures. Appelé à répondre à une
seconde question au sujet de la hausse des prix, Khoudri a tenté de
convaincre un député très sceptique que cette tendance ne concerne pas
seulement l’Algérie mais qu’elle est due à des augmentations au niveau
des marchés mondiaux. Pour expliquer au député tout «l’intérêt» que
portait le gouvernement à ce sujet, le ministre a fait savoir qu’à
chaque Conseil de gouvernement, Belkhadem consacre 15 minutes à des
interventions des ministres du Commerce et celui de l’Agriculture,
sommés de faire le point sur l’état des prix. Pas du tout convaincu, le
député a longuement commenté la réponse de Khoudri, considérant que les
mesures prises par le gouvernement n’ont eu aucun impact sur le vécu du
consommateur, ce qui fera dire au ministre que la loi sur la concurrence
réglera certainement le problème. Tayeb Louh a également été interpellé
par deux députés au sujet du marché du travail et du régime des
retraites. Le ministre du Travail a expliqué, en réponse à un élu qui ne
comprenait pas pourquoi les deux années de service militaire n’étaient
pas comptabilisés au moment de la retraite, que la loi 83-12 régissant
les départs à la retraite était claire et prévoyait que ces deux années
soient comptabilisées pourvu que cela n’entre pas dans le cadre d’un
départ volontaire ou d’une retraite anticipée, justifiant cette
exception par les dépenses du système de retraite qui dépassent les 243
milliards dinars. Au député qui a demandé à Louh plus d’explications sur
les événements qui ont secoué la ville de Ouargla l’année dernière, le
ministre a répondu que la commission d’enquête installée à l’époque est
arrivée à la conclusion que les jeunes manifestants n’étaient pas tous
motivés par le souci de trouver un emploi. «Pour être franc, je vous
rappelle que nous étions en pleine période électorale», dira Louh,
accusant, en termes à peine voilés, la sempiternelle main de l’étranger
et celle de «certains» partis politiques.
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Le projet de code du travail finalisé
Le ministère du Travail a finalisé la mouture du nouveau code du
travail. Tayeb Louh, qui a fait cette déclaration en marge de la séance
des questions orales, a indiqué que le texte, qui comporte pas moins de
700 articles, est particulièrement axé sur «les principes de flexibilité
du contrat de travail dans le cadre de la promotion de l'emploi, de la
lutte contre le chômage et de la promotion de la compétitivité » afin de
coller au plus près aux mutations qu’a connues le pays. Le ministre du
Travail a indiqué que la copie sera discutée avec les syndicats au
courant du mois de mars. Les syndicats autonomes avaient appelé le mois
dernier à l’ouverture d’un débat sur ce code, craignant que les
dispositions prévues ne représentent un recul en matière des libertés
syndicales.
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