Périscoop : BAZOOKA
Le grand tâtonnement
PAR MOHAMED BOUHAMIDI
mbouhamidi2001@yahoo.fr


Le ministre chargé du Parlement a répondu à un député RND qui le questionnait sur l’action du gouvernement pou juguler la flambée des prix et préserver un tant soit peu le pouvoir d’achat.
Vous avez peut-être lu sa réponse dans les journaux. Mon regard glissait rapidement sur les réponses convenues et attendues, répétitives à l’ennui, d’un gouvernement actif et éveillé qui fait tout, et surtout le reste, pour le bonheur des couffins de nos ménagères. Bref, vous connaissez et ce type de langage et son caractère répétitif. Vous connaissez même ce que les ministres peuvent dire de la réalité de leur «pensée» quand ils sont en aparté et c’est dans un tout autre style comme «on leur a tout donné, qu’est-ce qu’ils veulent encore ?» «ce n’est pas de ma faute s’ils font des enfants comme des lapins», «ils ne comprennent que le bâton», etc. Mais enfin la dualité de la culture dans les têtes de nos dirigeants et de nos hauts fonctionnaires est en passe de devenir proverbiale. Ils emprunte aux gens policés leur langage convenu mais pensent comme le CNS de base : taper, puis taper, encore taper sur le contestataire. Je me perds dans les digressions et oublie de vous dire pourquoi je suis revenu sur les réponses de ce ministre. Ah, voilà ! Il a promis de réactiver une instance de la concurrence, ce qui signifie au moins qu’elle était inactive. Qu’elle était encore inactive le semaine dernière après plus d’un trimestre d’augmentation continue des prix. A tous les coups, il échappe à nos ministres des aveux de ce genre qu’on devrait réunir dans un livre. Sans aucun doute, ce recueil passerait pour un pamphlet de l’opposition tant ces aveux sont impitoyables. Restons- en à ces aveux : la politique de soutien des prix va coûter deux milliards de dollars annuellement. Je me demande combien aurait coûté une bonne négociation avec les syndicats autonomes et combien aurait coûté une bonne augmentation de salaires accompagnées de mesures d’aide moins désordonnées et moins politisées aux non-salariés en situation de besoin. Mais pour cela il faut avoir un Etat pas des ministres qui tempêtent contre le secteur d’Etat pour revenir ensuite à un office national du lait. Cela fait pagaille et c’est peut-être cela la réalité des tâtonnements économiques du pouvoir.
M. B.

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