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Mauvais temps. Il va persister.
Au moins jusqu’en 2009
Sacré Si Farouk ! Impayable Monsieur Ksentini ! Il dit être contre
l’emprisonnement des journalistes. Et il dit aussi, dans la foulée, que le pire
ennemi de l’Algérie, c’est RSF, Reporters sans frontières. De l’art de ne pas se
mouiller tout en donnant l’air de suer du paletot pour ses compatriotes
journalistes. Très honnêtement Si Farouk, à choisir entre votre observatoire au
nom aussi imprononçable que n’est visible son action et RSF, y a pas photo ! Je
signe pour RSF des deux mains, et s’il faut ajouter l’empreinte des pieds, je la
rajoute volontiers. Parce que voyez-vous, Si Farouk, de RSF, j’ai le souvenir
d’une organisation présente quand les flics et les juges de Abdekka nous
poursuivaient de leur assiduité. Par contre, je n’ai pas souvenance d’avoir
croisé un communiqué de votre Commission nationale consultative de promotion et
de protection des droits de l’homme qui ait osé un mot pour dire halte à la
répression qui s’était abattue alors sur les titres indociles. Je vous trouvais
immensément, «sidéralement», «galactiquement» silencieux quand nous étions
embarqués dans nos rédactions. RSF, elle réagissait quotidiennement,
inlassablement, sans répit. RSF mon ennemi, Monsieur Farouk ? J’en redemande des
ennemis comme RSF. J’implore d’en avoir des tonnes d’ennemis de cette nature et
ayant ce profil. A notre arrivée dans les commissariats tôt le matin, c’est un
communiqué de condamnation de l’arbitraire signé de RSF qui tombait sur les
téléscripteurs. A notre sortie du commissariat, c’est un autre communiqué de
dénonciation signé de RSF qui parvenait aux rédactions. A notre entrée le matin
tôt dans les bureaux des juges d’instruction et dans les salles d’audience,
c’est un communiqué signé de RSF qui s’élevait contre cette atteinte à la
liberté de dire. A notre sortie tard le soir des mêmes tribunaux, RSF était
encore là, à exprimer sa colère, sa réprobation et son rejet de l’arbitraire. Et
vous, Ya Si Farouk ? Où étiez-vous ? Je vous trouve un tantinet gonflé
aujourd’hui pour venir nous dire qui sont nos amis et qui sont nos ennemis. De
grâce, laissez-nous cette liberté, Monsieur Farouk, de choisir nos amis. Et nos
ennemis aussi ! Je fume du thé et je reste éveillé le cauchemar continue.
H. L.
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