mercredi 12 mars 2008
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BEAUTÉ FATALE !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Lutte contre la toxicomanie. Le wali d’Adrar est formel : «J’ai un plant !» 

Et pas qu’un seul mon n’veu !

Je le regarde depuis deux bonnes heures. Quand j’écris deux bonnes heures, il faut comprendre deux très bonnes heures. Et plus je le regarde plus je le trouve majestueux. De cette majesté que dégagent les objets rares et précieux. Ses lignes sont épurées. D’une sobriété à faire crier de jalousie les designers les plus courus de la planète. Aucun angle droit. Tout en galbe délicat, l’ensemble convergeant en harmonie quasi parfaite vers un sommet en col étroit, concrétisation sublime d’une architecture pensée et conçue pour marquer les esprits et susciter l’ébauche d’un désir ardent. Sa transparence, sa translucidité sont intelligemment nuancées par la teinte jaune dorée qui habite son intérieur et qui lui confère, à l’exposition au soleil, des reflets qui fleurent bon l’été, le sable chaud et le farniente. De lui, de cet ensemble monolithe mais loin de lasser le regard se dégage une formidable sensation de force tranquille. Sa seule présence, sur ma table, là devant moi, éclipse tous les autres objets qui s’y trouvent. On ne remarque que lui. On ne voit que lui. On n’a d’yeux que pour lui. Et moi qui suis posté juste en face de lui depuis deux heures qui me semblent une éternité, je me surprends à lui parler, à lui sourire, à esquisser un geste timide en direction de ses formes généreuses. Plutôt que le toucher, juste l’effleurer de peur de l’effaroucher, de briser le fluide qu’il dégage pour le grand bien de ceux qui, comme moi, ont la chance de se trouver dans sa périphérie. Mais même ça, même le fait de l’effleurer fait trembler mes mains, fait suer mes paumes et mes tempes et fait grimper mon taux d’adrénaline vers des cimes jusque-là insoupçonnées. Non ! C’est décidé. Je ne le toucherai pas. Je vais juste me contenter de le regarder et de le regarder encore. C’est la seule chose censée que l’on puisse faire lorsqu’on se trouve assis face à un bidon d’huile à 1000 DA. Je fume du thé et je reste éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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