Périscoop : BAZOOKA
Désordres
Par Mohamed Bouhamidi
mbouhamidi2001@yahoo.fr


Il y a des jours de temps mort où il faut aller chercher loin un sujet de chronique. Je vous avoue ma perplexité à trouver du sens à ce qui se déroule sous nos yeux. Cela fait désordre, incohérence, absence de maîtrise et de logique. On a beau fouiller, on ne trouve pas le moindre soupçon de piste, d’éclairage, pas l’ombre d’un repère. D’un côté, des fuites s’organisent pour parler d’une association, dont j’ai oublié le nom qui travaille pour un prix Nobel de la paix pour le président ; d’un autre, on condamne ou on fait condamner Belhouchet et Amari à deux mois de prison.
Aucune chance pour que le verdict injuste, infondé, aussi moyenâgeux que la gouvernance par la moubayaâ, passe inaperçu au plan international. Avec le bruit autour de cette décision de justice, il sera plus que difficile de défendre le dossier. On ne donne pas le prix Nobel à un président qui laisse des lois organiser et légitimer la répression des journalistes, qui contrarie la liberté d’expression et d’information. Pas possible pour le prix Nobel ! Qui a programmé ce coup tordu contre le président et pourquoi et en quoi l’ego d’un wali peut devenir une norme morale ? Le coût politique, au plan interne et international, sera autrement plus lourd que la satisfaction d’un haut fonctionnaire inconnu du grand public et dont le corps est frappé de suspicion au vu des affaires et des scandales qui l’éclaboussent. Sur un autre plan, des semaines d’une campagne vue en direct par toutes les ambassades — qu’on prie de s’occuper de leurs oignons en oubliant que, justement, leurs oignons c’est nous — prouvent abondamment que la gouvernance est retournée aux modes de du Moyen-Age quand le premier engagement international de notre président fut d’accepter les normes de la bonne gouvernance et de quelques-uns de ses prolongements comme l’évaluation des présidents africains par leurs pairs. C’était un bon pas en avant au plan des principes, même si on ne voyait pas comment des dictateurs à vie pouvaient juger leurs pairs. Puis, tout s’arrête. Bon, on verra ce que cela veut dire mais il est sûr que le spectacle de ce mauvais folklore ne pouvait servir le président. Qui lui a monté le coup tordu de ce mauvais carnaval et pourquoi ? Il y a enfin cette histoire de salaires et de pouvoir d’achat. Comment comprendre un ministre qui dit aux députés que le gouvernement est impuissant face à la flambée des prix et que les spéculateurs tiennent le pays ? Comment comprendre que Belkhadem promet la promotion des classes moyennes avec sa nouvelle grille des salaires pour reconnaître ensuite qu’elle répond si peu au besoin qu’il crée une prime compensatoire ? Cela fait désordre assurément.
M. B.

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