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Alger. 15 jours durant, le tango sera à l’honneur. Ah bon ? Et moi
qui pensais qu’il l’était déjà.
Depuis 1999 !
La justice britannique a entamé l’examen de la demande d’extradition vers
l’Algérie de Moumène Khalifa. Logiquement, cette première séance a eu lieu dans
une salle. Une salle close d’un palais de justice. Dans cette salle, il y avait
des témoins. De nombreux témoins. Parmi eux des journalistes. Et donc, tous ces
gens-là ont assisté au même événement. Dans le même endroit fermé (le rappel est
nécessaire). Pourtant, dans les faits, au final, le lendemain, dans les colonnes
des journaux, on a eu droit à un florilège saisissant de contradictions. Chez
l’un, l’éventualité d’une extradition de Khalifa est incessamment sous peu
proche. Chez l’autre, la justice devrait se prononcer un … 1er avril. Chez un
autre, la justice britannique aurait reconnu la complexité du dossier Khalifa.
Chez un autre, les nouvelles lois britanniques devraient accélérer l’extradition
de Moumène. Chez un autre, le dossier présenté par la partie algérienne vole en
éclats. Chez un autre, l’extradition de Khalifa est une affaire de jours. Chez
un autre, Moumène ne sera jamais extradé vers l’Algérie. Et Wallah ! Juré ! Je
n’ai pas lu tous les journaux qui paraissent dans notre beau pays. Alors ? Où
est Moumène Khalifa ? Est-il plus proche de Londres que d’Alger ? Est-il sur le
point d’être extradé vers Blida ou d’être naturalisé citoyen de Sa Majesté ?
Aurait-il été embarqué dans un autobus fou, lequel autobus, au gré des humeurs
des uns et des autres, se rapprocherait et s’éloignerait de l’aéroport
d’Heathrow dans un ballet incessant et désordonné ? Serions-nous sur le point de
découvrir que sur le sol britannique, il n’y a pas un, mais deux Khalifa.
Moumène l’extradable. Et Rafik l’«inextradable». Deux frères jumeaux dont
l’existence n’a jamais pu être prouvée au cours du procès exemplaire et lacrymal
de Blida. Dieu merci, il y a au moins un truc sur lequel tous les présents à
cette première séance consacrée à l’examen de l’affaire Khalifa sont d’accord et
unanimes. Un machin intrigant et qui a laissé les observateurs algériens sur le
derche : le juge britannique qui dirige les travaux n’a pas versé une seule
larme. Comment cela se peut-il ? Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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