jeudi 13 mars 2008
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LA VÉRITÉ EST AILLEURS !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Alger. 15 jours durant, le tango sera à l’honneur. Ah bon ? Et moi qui pensais qu’il l’était déjà. 

Depuis 1999 !

La justice britannique a entamé l’examen de la demande d’extradition vers l’Algérie de Moumène Khalifa. Logiquement, cette première séance a eu lieu dans une salle. Une salle close d’un palais de justice. Dans cette salle, il y avait des témoins. De nombreux témoins. Parmi eux des journalistes. Et donc, tous ces gens-là ont assisté au même événement. Dans le même endroit fermé (le rappel est nécessaire). Pourtant, dans les faits, au final, le lendemain, dans les colonnes des journaux, on a eu droit à un florilège saisissant de contradictions. Chez l’un, l’éventualité d’une extradition de Khalifa est incessamment sous peu proche. Chez l’autre, la justice devrait se prononcer un … 1er avril. Chez un autre, la justice britannique aurait reconnu la complexité du dossier Khalifa. Chez un autre, les nouvelles lois britanniques devraient accélérer l’extradition de Moumène. Chez un autre, le dossier présenté par la partie algérienne vole en éclats. Chez un autre, l’extradition de Khalifa est une affaire de jours. Chez un autre, Moumène ne sera jamais extradé vers l’Algérie. Et Wallah ! Juré ! Je n’ai pas lu tous les journaux qui paraissent dans notre beau pays. Alors ? Où est Moumène Khalifa ? Est-il plus proche de Londres que d’Alger ? Est-il sur le point d’être extradé vers Blida ou d’être naturalisé citoyen de Sa Majesté ? Aurait-il été embarqué dans un autobus fou, lequel autobus, au gré des humeurs des uns et des autres, se rapprocherait et s’éloignerait de l’aéroport d’Heathrow dans un ballet incessant et désordonné ? Serions-nous sur le point de découvrir que sur le sol britannique, il n’y a pas un, mais deux Khalifa. Moumène l’extradable. Et Rafik l’«inextradable». Deux frères jumeaux dont l’existence n’a jamais pu être prouvée au cours du procès exemplaire et lacrymal de Blida. Dieu merci, il y a au moins un truc sur lequel tous les présents à cette première séance consacrée à l’examen de l’affaire Khalifa sont d’accord et unanimes. Un machin intrigant et qui a laissé les observateurs algériens sur le derche : le juge britannique qui dirige les travaux n’a pas versé une seule larme. Comment cela se peut-il ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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