Périscoop : BAZOOKA
L'ÉQUATION MÉDITERRANÉENNE
Par Mohamed Bouhamidi
mbouhamidi2001@yahoo.fr


Acte un : Nicolas Sarkozy projette une union de la Méditerranée. Il balance son idée sans en avoir au préalable discuté avec les pays de la rive sud. C’était un minimum pour ne pas paraître vouloir imposer une nouvelle configuration géopolitique de la région. Mettre dans la même union Israël et l’Algérie ou Israël et le Liban plus la Syrie, cela demande un sacré boulot et une confiance en soi à toute épreuve. Il fallait surtout croire que le projet passerait comme une lettre à la poste pour le peu d’opinion publique qui émerge dans nos pays.
Il aurait l’air fin le président algérien qui se réunirait avec le président israélien quand l’armée de ce dernier tapera comme une sourde sur les Palestiniens, comme le commande sa nature. Vous me direz que l’Egypte et la Jordanie ne se portent pas plus mal de tenir à leurs relations avec Israël plus qu’à la solidarité avec les luttes du peuple palestinien. Les régimes égyptien et jordanien sûrement puisque leur survie dépend des froncements de sourcils des USA. Puis Angela Merkel trouve que ce projet boîte en oubliant que l’Europe a une autre assise que la seule rive sud. Elle modifie la projection initiale et en fait une union pour la Méditerranée. Toujours au-dessus de nos têtes. Nous n’avions, quant à nous, qu’à attendre dans quelle équation à mille inconnues le couple Sarkozy- Merkel allait nous intégrer. Et l’Algérie ne trouve rien à redire sur la démarche et pourtant, là ce n’est plus de l’ingérence. C’est de la gestion directe de notre avenir pas même maquillée. Puis vint avant-hier la réunion de Bruxelles où les 27 ont mis une touche presque finale à la conception de cette union. Toujours au-dessus de nos têtes. Le développement de nos relations avec la France et avec l’Europe en général et avec la France en particulier doit-il passer par le développement des relations avec Israël ou avec tout autre pays ? C’est ce qu’on nous dit. Et pour l’instant, l’Algérie n’a pipé mot sauf à dire que ce projet manque de contenu concret. Pas du tout, Belkhadem ou le futur coordinateur du gouvernement se réunira avec Ehud Olmert ou avec son successeur. C’est très concret. Avons-nous au moins posé une condition de principe, une seule, avant même d’accepter de débattre de cette union : qu’Israël respecte ses engagements internationaux, applique, au besoin sous la contrainte des Casques bleus, les résolutions de l’ONU et que les Palestiniens aient enfin un Etat sur les terres, toutes les terres occupées en 1967 ?
M. B.

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