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Saïd Sadi aux Américains : «Les démocrates en
Algérie méritent suivi, attention et écoute.» Mais
qu’est-ce que tu racontes Saïd ? Tout ça, on l’a déjà
ici.
Nous sommes suivis
et nous sommes écoutés !
Doucement ! Doucement les amis ! Abdekka, dans son interview à l’agence
britannique Reuters, n’a jamais dit qu’il se présenterait à un 3e mandat. Il a
juste demandé qu’on le laisse tranquillement achever l’actuel mandat, le 2e. La
nuance est de taille. Et le monsieur honnête avec lui-même. Il estime qu’il n’a
pas encore achevé son 2e mandat. C’est son droit ! Certains pourraient ne pas
être d’accord avec lui. C’est leur droit aussi. Ils estimeraient qu’il a achevé
l’actuel mandat. Consciencieusement achevé. Méthodiquement achevé.
Scrupuleusement achevé. Catégoriquement achevé. Achevé avec acharnement. Achevé
avec hargne. Achevé sans pitié. Tout comme d’ailleurs il avait
extraordinairement achevé son premier mandat. Ah ! Le bel achèvement ! Du beau
travail ! Du travail d’«acheveur» professionnel. Rien n’a été laissé au hasard
dans l’entreprise d’achèvement du 1er mandat. Les médecins légistes qui ont été
appelés pour certifier que tout avait été correctement achevé sont formels :
tout a été achevé. Et ce qui ne l’était pas l’a aussitôt été grâce à une
escouade d’«acheveurs» envoyés par le Palais et dont la mission était de se
pencher sur les corps et les secteurs encore en vie, agonisant et de leur loger
une balle dans le ciboulot. Définitif ! Alors, oui ! Si aujourd’hui, le raïs
estime qu’il n’a pas suffisamment achevé son 2e mandat, qu’il n’est pas tout à
fait sûr que tous les corps ont été proprement refroidis, que plus rien ne
bouge, que plus rien ne dépasse, il faut lui permettre d’aller au bout de sa
formidable entreprise d’achèvement. ACHEVEZ-NOUS ! C’est tout ce qui reste. Et
en attendant que vous acheviez de nous achever, souffrez que nous fumions du thé
pour rester éveillés à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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