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Abdekka : «Avant de parler de 3e mandat, je tiens
d’abord à terminer correctement mon 2e mandat.»
Donc, pas de 3e mandat !
Je me demande s’il n’aurait pas mieux valu que Abdekka n’accorde pas
d’interview à Reuters. Eh oui ! Avant cette interview, on nageait déjà dans le
flou s’agissant du 3e mandat. Depuis cette interview, c’est encore plus flou.
Pour ne pas dire carrément opaque. Je veux bien que la politique soit l’art du
louvoiement, mais là, même les loups les plus fourbes y perdraient leur odorat.
Avant Reuters, on ne savait pas trop si Abdekka irait à la présidentielle de
2009. Après Reuters, on n’est même plus sûr que la présidentielle aura lieu.
Avant Reuters, on ne savait pas si la Constitution allait subir des
attouchements. Après Reuters, nous ne sommes plus sûrs d’avoir un jour de 1996
voté pour ce texte fondamental. Avant l’interview de Reuters, nous avions des
incertitudes sur 2009. Après l’interview de Reuters, nous doutons même de
l’issue du mandat de 2008. Qu’est-ce qui m’a pris d’aller la lire cette satanée
interview ? Mais en même temps, je ne pouvais pas faire autrement que de tomber
dessus. Impossible d’y échapper. Elle était sur toutes les unes des journaux ou
presque. Le «presque», c’est pour la revue de l’automobile et celle des mobiles.
Sinon, pour tout le reste, menu unique, Boutef’ ! Et en lisant mes confrères et
consœurs, je me rassure un peu : apparemment, eux aussi sont dans le flou et
dans l’opaque. Y a pas deux titres qui ont fait la même lecture de la même
interview. C’est tout de même une performance ! Un coup, c’est «il ira !». Un
autre coup, c’est «il n’ira pas !». Y a qu’au Soir d’Algérie où nous nous sommes
admirablement fendus d’un acrobatique «Ni oui ni non !». Pas folle la guêpe ! Je
fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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