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«Kermali à la tête du Mouloudia d’Alger. Il s’est
fixé deux échéances importantes.
Le 3e jour et le 40e
Dans un message lu aux participants au séminaire sur la pensée islamique,
Abdekka a eu une … pensée pour les jeunes. Il les a exhortés à ne pas céder aux
illusions, entre autres celle qui consiste à fuir le pays pour aller chercher le
bonheur ailleurs. «Le bonheur est ici, en Algérie !» leur a-t-il dit en
substance. Il a raison le président ! Le bonheur est ici. Y a-t-il plus grand
bonheur que d’allumer sa télé tous les soirs, et de tomber tous les soirs sur la
même bobine ? Y a-t-il plus grand bonheur que d’acheter un journal le matin et
de se retrouver deux matins sur un nez à nez avec la tronche de Belkhadem
souriant béatement à cette vie et à ce «saâd» qui lui ont permis d’être là où il
est aujourd’hui ? Y a-t-il plus grand bonheur que de constater au saut du lit
que des walis repeignent les routes et notre quotidien aux couleurs de leurs
cauchemars et de leurs insomnies et ligotent notre avenir avec des bandes
multicolores ? Y a-t-il plus grand bonheur que de découvrir l’existence de
partis politiques nouveaux le jour même d’une législative, et, bonheur encore
plus grand, de constater que ces partis-éprouvettes peuvent avoir plus de sièges
que des formations nées avant l’indépendance ? Y a-t-il plus grand bonheur que
de voir des grèves déclarées illégales par la justice avant même qu’elles ne
s’enclenchent ? Y a-t-il plus grand bonheur que d’assister chaque année au
massacre civilisationnel, culturel et psychologique de nos enfants par des gens
dont les rejetons étudient ailleurs, dans cet «ailleurs sans bonheur» selon
notre président ? Y a-t-il plus grand bonheur que de vivre dans une région où
sortir après 18 heures équivaut à un suicide ? Y a-t-il plus grand bonheur que
de baisser les yeux devant l’assassin de son père ? Y a-t-il plus grand bonheur
que de vivre pauvre et «mah’gour» au pays du baril à 110 dollars ? Non ! Il n’y
a pas plus grand bonheur que celui-là ! Profitez de ce bonheur ! Vivez votre
bonheur ! C’est votre président qui vous le demande, les jeunes ! Quant à moi,
aigri et sans appétit de bonheur, je préfère fumer du thé et rester éveillé à ce
cauchemar qui continue.
H. L
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