lundi 24 mars 2008
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C'EST FOU CE QUE NOUS SOMMES DISCIPLINÉS !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Raouraoua à la tête de l’Office national du hadj. Cette année, le … tirage au sort pour le pèlerinage se fera sur …

… tapis vert

Je suis admiratif ! Comment faisons-nous pour être aussi disciplinés ? Qu’un ou deux individus, tout au plus une dizaine, fassent montre d’un esprit de discipline hors pair, ça pourrait se comprendre. Mais que des milliers de commis et de responsables soient à ce point empreints du sens de la discipline, ça me laisse sans voix. Mais pas sans encre. Et avec cette encre-là, je pourrais noircir des pages entières sur les cas avérés et authentifiés de discipline stricte, coordonnée, minutée et superbement orchestrée. Rappelez-vous ! Alors que nous étions au beau milieu d’un joli tintamarre autour du 3e mandat, alors que les Ghaïta Band de tout le pays assuraient des permanences endiablées, tout le monde au garde-à-vous, trois doigts brandis au ciel, une créature, je ne sais laquelle, mais apparemment terrible, a ordonné à tout ce beau monde d’arrêter le vacarme. Et dans l’heure — que dis-je ? dans la minute qui a suivi — tout ce beau monde s’est tu. Net ! Pile poil ! Je pensais le phénomène isolé et l’acte solitaire. Jusqu’à ces dernières heures et la réapparition de vocables, d’expressions que je croyais à jamais bannies de notre bréviaire télécommandé. Qu’ouïs-je ces jours-ci ? Les mots «terrorisme », «éradication», «combat contre l’hydre intégriste » et même «société civile» ! Waouh ! Ne nous avait-on pas interdit de les prononcer, il n’y pas si longtemps ? La même créature mystérieuse et terrible ne nous avait-elle pas menacé des foudres de la loi, de sa loi si nous osions nommer «terroristes» les frères à poil ? Aujourd’hui, l’efficace créature a vraisemblablement lancé un contre-ordre. Il n’est plus interdit d’appeler «tango» le terroriste et de lâcher à la cantonade réunie en séminaire ce qui était encore considéré comme un blasphème, le verbe «éradiquer». A peine l’autorisation de remise en circulation de ces mots rendue publique, nous voilà sur le pont, escadrons disciplinés à déclamer à qui mieux mieux «terrorisme» par-ci, «éradication» par-là et «société civile» de-ci de-là. Jusqu’à la prochaine apparition de la créature terrible, bien sûr ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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