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Religion. En Algérie, contrairement aux autres pays, c’est
l’Eglise qui…
… se fait sonner les cloches !
Nous venons d’échapper à une énième tentative d’augmenter nos factures
d’électricité et de gaz. Pour combien de temps ? Je ne sais pas. Mais pour
l’heure, le gouvernement a refusé une demande en ce sens formulée par Chakib
Khelil, ministre de l’Energie. Ce n’est pas la première fois que cet homme-là
tente de faire cracher dans le bassinet les foyers algériens. En fait, Chakib
Khelil semble avoir une longue et passionnée histoire avec le mot «augmenter» et
avec tous les mots cousins et voisins. Quand je vois Khelil à la télé, j’ai
l’impression que sa bouche a été conçue à l’origine pour parfaitement prononcer
le mot «augmenter». Non pas qu’il ait une bouche différente de la nôtre.
Physiologiquement particulière. Non ! Sa bouche est faite comme la nôtre. En
apparence. En apparence, seulement. Car chez lui, y a un plus ! Ce plus, c’est
la facilité avec laquelle le mot «augmentations» fuse de son organe buccal. Je
ne sais pas si c’est la configuration de sa glotte. De sa luette. De ses cordes
vocales. Mais lui prononce de manière unique le mot «augmenter». Vous pouvez à
satiété vous essayer à cet exercice-là, vous n’aboutiriez qu’à de piètres copies
de l’original, des versions pâles et fadasses de la bonne manière de prononcer
«augmentations». Chakib, lui, arrive à conférer à ces quatre syllabes une forte
sonorité, une présence phonique impressionnante, un volume inimitable et
reconnaissable entre tous. Le «J’augmente !» de Chakib Khelil sonne presque
comme le «J’accuse !» d’Emile Zola. Sans vouloir faire offense à la littérature,
bien sûr. Il y a des hommes et des femmes, comme ça. Pour l’éternité, leurs noms
restent attachés, accolés à des mots, à des expressions. Mettez un portrait de
Martin Luther King sous le nez de qui vous voulez, et presque à tous les coups,
il vous lancera «I have a dream !». En soirée, évoquez le général de Gaulle, et
il se trouvera toujours un malin pour vous rétorquer «je vous ai compris !». A
peine avez-vous eu le temps de prononcer le nom du président Zeroual, que tout
autour de vous fuseront les mots «khawana !» et «mourtazika !». C’est exactement
la même chose pour Khelil. Dès que je vois sa bobine de premier de la classe, je
pense aussitôt «augmentations». Je suppose que ça doit être ça, la postérité !
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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