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En affirmant que les «magistrats ne sont pas indépendants»,
Sellini, le bâtonnier d’Alger, a jeté un pavé dans la mare.
La mare s’en remettra !
«Comment dépasser les divergences arabes ?» Bonne question. Très bonne
question. Et qui mérite des réponses réfléchies et sérieuses. On peut arriver à
dépasser les divergences arabes en arrêtant d’organiser des sommets arabes. Eh
oui ! Le Sommet arabe est le révélateur par excellence des divergences arabes.
C’est lorsqu’ils se réunissent dans une grande salle éclairée par des lustres
affreusement kitch et meublée comme dans un feuilleton égyptien réalisé par un
daltonien que nous nous rendons compte que les Arabes n’ont rien à faire
ensemble dans un sommet. On peut aussi contourner les divergences arabes en
mettant en place des contournements, des évitements et des trémies. Grâce à
l’infatigable Amar Ghoul, l’Algérie a acquis une formidable expérience en
matière d’évitements et de trémies. Elle pourrait en faire bénéficier les autres
nations arabes, lesquelles, soit dit en passant au feu rouge, ont toujours
attendu notre pays au carrefour. Pour aller au-delà des divergences arabes, on
peut aussi se fixer une ligne, blanche, verte, bleue, qu’importe sa couleur.
L’essentiel étant qu’aux yeux bandés des Arabes, elle signifie la marque de
leurs divergences à ne pas franchir. Encore faut-il s’entendre sur qui
surveillera le respect de cette ligne. Un sommet arabe pourrait être organisé
autour de cette épineuse question de la surveillance de la ligne de divergence.
Mais pour pouvoir organiser un sommet arabe, il faudrait en arrêter les dates.
En matière d’arrestations, les pays arabes peuvent se targuer d’une expérience
indéniable. Après le pétrole, les arrestations constituent la deuxième richesse
des pays arabes. Et elle a l’avantage d’être renouvelable, contrairement au
pétrole. Oui, mais si l’on convoque un sommet arabe pour décider de la tenue du
prochain sommet arabe entièrement dédié à la question de la surveillance de la
ligne de divergence arabe, nous retombons dans le travers souligné au rouge dès
l’entame de cette chronique, celui des divergences arabes qui n’apparaissent
jamais aussi bien que lors de la tenue d’un sommet arabe. Véritable casse-tête
chinois pour des Arabes. Mais au fait, pourquoi s’obstiner à vouloir réunir les
Arabes autour de questions d’intérêt commun ? Peut-être n’ont-ils finalement
aucun intérêt à se réunir. Ni commun, ni particulier. Je fume du thé et je reste
éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L
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