Vingt-quatre heures après la clôture des travaux du 11e congrès national de l’UGTA, un lot d’interrogations est resté sans réponses, après une «partie» qui a failli dégénérer. Abder Bettache - Alger (Le Soir) - Les «prolongations » qui auront lieu le 9 avril prochain, à l’occasion de la tenue de la première réunion de la Commission exécutive nationale (CEN) seront décisives pour le devenir d’une UGTA en quête d’un nouveau souffle. Les enjeux sont multiples. Ils sont à la fois d’ordre organique et socioéconomique, voire revendicatif. En d’autres termes, il s’agira, pour la nouvelle direction nationale, de mettre en pratique des résolutions votées par le 11e congrès qui constitueront par ailleurs sa feuille de route pour un mandat de cinq années. L’article 61 des statuts relatifs aux dispositions générales stipule que «l’amendement du statut relève de la seule compétence du congrès», donc «toutes les dispositions contraires à ce statut», comme le précise l’article 63, «sont abrogées». C’est dans cette optique que se pose la problématique de la nouvelle disposition statutaire, en l’occurrence celle relative au poste de secrétaire général adjoint. Une disposition à l’origine du blocage du congrès au troisième jour de ses travaux et qui a mis à nu les profondes divergences au sein de l’UGTA. Précipitation dans l’amendement statutaire Dès lors, il est important de noter que ce nouvel article ne peut être abrogé encore moins remis en cause. Son explicitation sera fixée par le règlement intérieur, dont le futur secrétariat national aura la charge de la rédaction. Selon des sources syndicales sûres, au moins trois membres du secrétariat national sortant, dont Abdelmadjid Sidi-Saïd et Salah Djenouhat, étaient au courant à un mois et demi de la tenue du congrès de l’introduction, dans les statuts de l’organisation, du poste de secrétaire général adjoint. Ambition légitime, le secrétaire national chargé de l’organique sortant s’est lancé dans un processus qui le place en position de revendiquer ce nouveau poste organique, et ce, pour plusieurs raisons. La plus explicite est que l’ex- chargé de l’organique de la Centrale syndicale a réussi à avoir à ses côtés un grand nombre de la nouvelle direction nationale. Ainsi, outre son pouvoir «d’élire le secrétaire général», conformément à l’article 45 des statuts, il lui revient le droit également «d’élire les membres du secrétariat national». De fait, M. Salah Djenouhat bénéficie de plusieurs longueurs d’avance sur ses poursuivants immédiats et peut même jouer les premiers rôles à travers un jeu d’alliance avec les autres membres de la CEN dans la perspective de l’élection des membres du secrétariat national représentant les quatre régions. Cependant, la question qui est soulevée est celle de savoir pourquoi les événements ont pris une autre tournure créant une divergence profonde entre les pour et les contre de l’élection avant la fin du congrès des membres du secrétariat national. Selon des sources très au fait de la question syndicale, «il y a eu précipitation dans l’amendement statutaire ». «Les prérogatives du secrétaire général adjoint n’ont pas été définies. Seront-elles identiques à celle du SG ? Le poste de SG adjoint est-il lié à une fonction précise du secrétariat national» ? s’est-on interrogé. Quelle place pour la revendication socioéconomique ? Ceci étant, il est à signaler que l’introduction dans les statuts de l’UGTA de la notion de SG adjoint chargé de l’organique n’est pas une première. M. Boualem Bourouiba était la première personnalité syndicale à avoir occupé ce poste dans le troisième secrétariat national de l’UGTA, et ce, à l’époque où M. Mouloud Oumeziane dirigeait la Centrale syndicale (1965- 1969). M. Abdelmadjid Azzi était, quant à lui, le second à avoir occupé cette responsabilité (1973-1978) sous la direction du défunt Abdelkader Benikous. Sur un autre plan, il est à signaler que l’UGTA a demandé l'amélioration du pouvoir d'achat des salariés dans la résolution finale des travaux de son 11e congrès. La résolution souligne la nécessité de «poursuivre les efforts visant l'amélioration du pouvoir d'achat des travailleurs et de leurs familles en vue de leur assurer une vie digne». Elle demande à sa nouvelle direction «d'accorder un intérêt particulier à l'emploi et à la résorption du chômage notamment parmi les jeunes». Cependant, cette même résolution ne s’étale pas sur les questions qui engagent le devenir du secteur public économique. L’absence de débat et autres pré-congrès régionaux a été à l’origine de la non-évaluation de la direction sortante par rapport aux résolutions du 10e congrès. La feuille de route de cinq années prendra-t-elle en charge les questions relatives à la préservation de l’emploi, à la relance de l’investissement productif, à la revalorisation du SNMG, à la sauvegarde d’un secteur public stratégique, performant et porteur de relance économique, etc. Autant de questions qui se posent d’elles-mêmes. Plus que jamais, l’UGTA fait face à un enjeu qui déterminera plus que jamais son devenir dans l’échiquier syndical national. A. B. youcefabder@hotmail.com
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