mercredi 02 avril 2008
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Régions
Sports
Femme magazine
Chronique du jour
Pousse avec eux
Le HIC
Edition du jour
 
Le Soir Retraite
Le Soir Auto
 
 
Nos archives en HTML
 

Régions : LE DÉFI DES CINQ COMMUNES DE BOUDOUAOU
Réussir la transition vers le progrès ou devenir une simple favela d'Alger


La daïra de Boudouaou, qui comprend 5 communes, Boudouaou, Boudouaou-El-Bahri, Keddara, Kherrouba et Ouled-Heddadj, est en quelque sorte le prolongement de la Basse-Kabylie puisque sur le piémont du fameux massif de Bouzegza dans les communes de Kherrouba et Keddara les populations utilisent la langue tamazight.
Cette région du nord-ouest de la wilaya de Boumerdès est autant la porte d’entrée du territoire de la capitale. Cette position stratégique a ses avantages au plan de la mobilité humaine et de la circulation des marchandises mais si la gestion des collectivités n’est pas maîtrisée des problèmes majeurs se poseront aux communes de cette daïra particulièrement Ouled-Heddadj, Boudouaou et Boudouaou-El-Bahri. Tout le monde en convient, la capitale étouffe et sur le moyen et le long terme ce sont moult problèmes qui se répercuteront sans aucun doute sur la partie ouest de la wilaya de Boumerdès. Pour preuve, à la sortie de Boudouaou, pour rejoindre la ville limitrophe de Réghaïa, un immense bidonville est implanté. A l’heure actuelle, la situation politique des collectivités territoriales de cette daïra n’est pas brillante. L’Etat a dû intervenir par le biais de ses représentants locaux pour stabiliser le climat social et résorber temporairement les remous nés du scrutin du 29 novembre. «Il est nécessaire que les citoyens de ces municipalités prennent conscience que le développement de leurs communes ne viendra que d’eux. Nous autres commis de l’Etat nous n’avons que des missions limitées dans le temps et nous ne faisons que passer», avoue M. Zouak, chef de la daïra. Ce responsable, qui maîtrise parfaitement son sujet et qui est derrière plusieurs grands projets en direction de cette daïra, nous a longuement entretenu des problèmes et des perspectives des cinq communes dont il a la charge. Il ressort, à l’issue de cet entretien, qu’un défi majeur se présente à la société politique locale et la société civile de la région : réussir la transition vers le progrès social ou devenir à long terme une simple favela de la capitale.
Situation organique de trois communes fragiles
Le monde médiatique de la wilaya de Boumerdès a suivi et suit toujours les péripéties survenues dans les communes de Boudouaou, Boudouaou-El-Bahri et surtout Ouled Heddadj, après les élections du 29 novembre 2007, révélant ainsi que l’archaïsme a de beaux jours devant lui. Le P/APC FLNiste, M. Louriachi, de Boudouaou-El-Bahri, aidé par le chef de daïra qui est intervenu plusieurs fois, a fait tout de même bon usage de ses compétences pour calmer les ardeurs d’une opposition qui s’est montrée particulièrement acerbe à son endroit. Finalement, le bon sens l’a emporté. Dans la plus importante commune, M. Mahsas, également du FLN, a réussi à asseoir une majorité autour de la liste du FLN mais reste fragilisé par des tiraillements nés dans le sillage de la constitution des clans. L’importance de Boudouaou ouvre des visées économiques et financières inavouées. Par contre, l’APC d’Ouled Heddadj est complètement paralysée. Depuis novembre l’opposition tient en haleine les administrés. Après avoir récusé le P/APC, au motif qu’il est poursuivi par la justice, cette opposition se voit pousser des ailes. Elle est allée jusqu’à exiger, contrairement au code communal, que le P/APC soit élu par le collectif de l’assemblée. Les opposants, au nombre de 5 sur 9, posent en outre des conditions draconiennes visant à dépouiller le FLN, vainqueur du scrutin du 29 novembre, de toutes les prérogatives que lui confère cette victoire. «Après plusieurs tentatives, des accords et des revirements de dernière minute, nous pensons qu’il est temps de remettre les pendules à l’heure pour ne pas bloquer la machine administrative et le développement de la localité», estime le chef de daïra, qui précise que le wali signera un document lui attribuant les prérogatives de P/APC de Ouled -Heddadj. Selon lui, à cause de certaines forces de nuisance qui agissent dans l’ombre, cette assemblée court vers la dissolution. Seules les communes de Keddara et Kherrouba échappent à ce climat de suspicion politique. Il est vrai qu’elles sont pauvres et loin du centre d’intérêt. Des 9 chefs de daïra que compte la wilaya de Boumerdès, c’est celle de Boudouaou qui est la plus difficile à gérer sur le plan politique.
Sortir de la gestion de l'après-séisme pour relancer le développement
«Nous avons terminé la gestion des retombées liées au séisme. C’est un volet qui a un caractère social, donc très sensible. Il a accaparé 80% de nos activités et bloqué le développement. Fort heureusement, nous avons résorbé à 90% nos problèmes. Ce dossier sera définitivement clos d’ici le mois de juin», nous a dit M. Zouak. Sur ce, le commis de l’Etat, nous brosse un tableau sur les efforts de l’Etat en direction des populations des 5 communes de la daïra touchées par la catastrophe du 21 mai 2003. Ainsi 977 familles sinistrées ont été recensées. 292 d’entre elles ont opté pour la reconstruction, 916 familles et 191 autres venant des coopératives ont été relogées par l’Etat. Pour rappel, les coopérateurs avaient, selon M. Zouak pris au départ option pour la reconstruction collective. Cependant, devant le surcoût que pourrait engendrer la reconstruction de ces coopératives dû essentiellement à la nature du terrain marécageux, elles ont fini par demander le relogement par l’Etat. «Nous leur avons laissé leurs terrains qui sont leurs propriétés. Elles en feront ce qu’elles voudront, à la condition que les projets soient conformes aux règles de l’urbanisme», dit-il. Il ressort d’un bilan succinct que la daïra a bénéficié d’un programme d’urgence de 1 100 logements. En plus 916 familles qui ont relogées définitivement, 192 autres familles, qui avaient opté pour cette formule, auront toutes leurs logements en juin prochain, sinon avant août 2008, assure le chef de daïra. Le quota des logements non attribués sera réparti entre certaines familles sinistrées venant des communes des Issers, Thénia, Baghlia, Dellys… En plus des difficultés de recasement des familles sinistrées qui ont perdu leurs habitations en 2003, la daïra était confrontée aussi, d’après son responsable, aux problèmes des familles nombreuses dont les F4 et F3 conventionnels ne pouvaient pas contenir. Il a fallu donc à M. Zouak et aux P/APC de résoudre cet écueil. A la fin de chaque opération de relogement, certaines familles se montrent réticentes pour restituer les chalets. 811 habitations en préfabriqué ont été tout de même récupérées et distribuées dans le cadre social. «Une dizaine de citoyens persistent dans cette position d’obstruction mais force est à la loi», estime notre interlocuteur. Au volet logement social, et selon le plan de charge de la daïra, il n’y actuellement que 162 à Keddara en construction et 30 à Ouled- Heddadj. Par contre, selon M. Zouak, sa circonscription table sur un programme massif du LSP. 900 unités seront lancées incessamment au niveau de Halaïmia et 200 dans le village de Benmerzouga, deux agglomérations de la commune de Boudouaou.
Abachi L.

Nombre de lectures : 205

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site