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«Selon Al Khabar, Al-Qaïda projette d’éliminer Belkhadem.»
C’est scandaleux ! C’est horrible. J’en frissonne
encore d’effroi !
Qu’est-ce que j’apprends ? Qu’une langue des signes va bientôt faire son
apparition en Algérie ? Qu’elle sera introduite dans le circuit scolaire ?
Pourtant, j’ai toujours cru que la langue des signes existait depuis des lustres
chez nous. Je suis même persuadé que tous les Algériens, et pas seulement les
sourds et malentendants, ont grandi avec le langage des signes. La langue des
signes n’est pas une nouveauté. C’est une réalité ! Lorsque l’homme juché sur
une estrade et haranguant les gens postés en contrebas ainsi que ceux assis en
face de leur poste télé tape trois fois sur le pupitre, ça veut dire, dans la
langue des signes, qu’il est très en colère, pas content du tout. Lorsque des
députés rassemblés dans un hémicycle lèvent tous le bras au même moment et dans
la même direction, vers le ciel, ça veut dire, en langage algérien des signes,
qu’ils sont d’accord et contents de le montrer. Lorsqu’un juge porte deux doigts
à son oreille, l’index et le pouce, ça veut dire, en langue des signes, qu’il
reçoit une communication de la plus haute importance dans son oreillette
greffée. Lorsque le même magistrat fait un signe du menton en direction d’un
justiciable, ça veut dire, en langage algérien des signes, que le justiciable en
question ne dormira pas dans son lit ce soir. Lorsqu’un ministre ne quitte plus
ses lunettes noires, qu’il fasse jour ou nuit, qu’il fasse soleil ou pluie, ça
veut dire, en langue des signes, qu’il ne veut pas que l’on voie la lueur
d’inquiétude dans ses yeux à l’approche du remaniement ministériel. Si le même
ministre ôte enfin ses lunettes, arbore ses belles dents blanches emballées dans
un superbe sourire et tape ses deux mains l’une contre l’autre très fort dès
qu’on lui met sous le nez la photo du gars méchant qui frappe trois fois sur le
pupitre en haranguant les gens assis en contrebas (reportez-vous au début de la
chronique), ça veut dire, en langage algérien des signes, que notre ministre a
sauvé sa tête. Si des associations et des forums de plus en plus nombreux
organisent des séminaires en omettant systématiquement de les faire parrainer
par le gars méchant adepte du tri-tambourinage de pupitres, ça veut dire, en
langue des signes, que c’est le gars méchant qui n’en a plus pour longtemps à
martyriser le pupitre. Et ça veut dire aussi que le ministre a tout intérêt à
rechausser ses lunettes noires, car le langage algérien des signes est
polysémique. Et si, enfin, je vous quitte en fumant du thé pour rester éveillé,
ça veut dire, en langage algérien des signes, que le cauchemar continue.
H. L .
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