
Actualités : CONFÉRENCE DE PRESSE DU SYNDICAT ALGÉRIEN DE L'INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE "Encourager la production nationale du médicament contribuera à la relance du secteur"
Lors d’une conférence de presse qu’il a animée hier au siège du Saip, son président le Dr Djebar, P-dg du laboratoire Lad Pharma, est revenu sur l’état des lieux de l’industrie pharmaceutique en Algérie. Le Dr Djebar a de ce fait rappellé que le secteur est toujours le parent pauvre de la santé, une situation que les producteurs de médicaments ne s’expliquent pas. «Après 23 ans d’expérience, nous réitérons nos propositions quant à la relance de la production nationale. Une relance qui, nous en sommes convaincus, va décider les plus indécis à venir investir en Algérie comme c’est le cas en Tunisie et au Maroc. Nos revendications sont légitimes, elles se résument en deux points : nous demandons que les médicaments que nous fabriquons soient remboursables, quand on sait que, sur les 50 produits réalisés par notre labo, seuls 20 le sont. En tant que producteurs, nous proposons aussi que l’Etat dresse des garde-fous pour protéger la production locale.» Il insistera aussi sur l’anarchie qui règne en matière d’importation. Il précisera à cet effet que beaucoup de médicaments ne sont pas utiles puisque des laboratoires algériens comme L.A.M ou Saidal sont capables d’en fabriquer. Les représentants de ces deux laboratoires abondent dans le même sens en précisant : «Il est aberrant que l’on importe des vitamines que nous pouvons fabriquer chez nous alors que les médicaments pour les cancéreux ne sont pas importés ; sans compter que les produits des importateurs sont remboursés.» Le Dr Djebar va dans le même sens en signalant qu’«il est inconcevable que l’on encourage des importateurs purs et durs ou ceux qui font dans le conditionnement au détriment des fabricants qui investissent et qui, de surcroit créent des postes d’emploi chez nous». Il ne manquera pas, par ailleurs de saluer la décision du ministère de la Santé qui a instruit les fabricants de médicaments de produire 45% de générique, de même que l’exigence d’une représentation officielle en Algérie du laboratoire importateur des produits. «C’est une décision sage, et une preuve que la direction de la santé œuvre pour un début d’assainissement, nous assistons à une meilleure prise en charge du secteur de l’industrie pharmaceutique. Néanmoins, une régulation du secteur fait réellement défaut. Notre souhait aujourd’hui, c’est qu’il y ait une prise de conscience du gouvernement sur notre situation. Notre objectif c’est de relever notre économie». La problématique de la formation a suscité un débat entre les représentants des trois fabricants locaux. «L’université ne forme pas de cadres dans cette spécialité selon les besoins des fabricants. La passerelle n’est pas encore jetée. C’est pourquoi nous nous retrouvons par exemple sans spécialistes dans la manipulation de nos machines. Un séminaire dans ce sens sera d’ailleurs tenu au mois de mai à Constantine», notera le représentant de Saidal. N. Y.
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