Le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens a adressé une note à l’ensemble des instances de la Centrale syndicale dans laquelle il rappelle ses prérogatives organiques. Les directives visent à bloquer Salah Djenouhat à l’approche de la tenue de la Commission exécutive nationale. On évoque un report de celle-ci.
Tarek Hafid Alger - (Le Soir) - Abdelmadjid Sidi-Saïd serait-il tenté
de fermer le jeu à l’approche de la tenue de la session de la Commission
exécutive nationale prévue mercredi prochain ? Il semble bien que oui à
la lecture d’une note interne — la première de son deuxième mandat —
datée du 2 avril. Dans cette note, qui débute par des remerciements à
l’occasion de sa réélection, Sidi-Saïd annonce une série de décisions :
«Le secrétaire général de l’UGTA est l’unique porte-parole de
l’organisation ; (il est) légalement seul habilité à dicter des
directives et des recommandations ; seul habilité au niveau de la
Centrale syndicale à convoquer une session de la Commission exécutive
nationale afin d’élire le nouveau secrétariat national de l’UGTA.»
Abdelmadjid Sidi-Saïd évoque même la possibilité de prendre des mesures
disciplinaires contre les «usurpateurs de qualité». «Le secrétaire
général de l’UGTA peut prendre des décisions contre toute personne qui
s’attribue des prérogatives et une qualité dont il ne dispose pas dans
le cadre des relations avec les instances de la Centrale syndicale.» Le
style se fait encore plus menaçant dans le dernier paragraphe de cette
note. «En attendant la tenue de la CEN et l’élection du secrétariat
national, le secrétaire général invite les instances et les structures à
la stricte application de ces directives et attend leur soutien dans le
but de lui permettre d’œuvrer pour le bien des travailleurs algériens».
En fait, dès la première lecture on comprend aisément que toutes ces
mesures visent à isoler l’ex-secrétaire national de l’UGTA chargé de
l’organique, Salah Djenouhat en l’occurrence. Le but étant de l’empêcher
de prendre attache officiellement avec les unions de wilaya et les
fédérations à l’approche de la tenue de la première session de la CEN.
«En agissant de la sorte, Sidi-Saïd espère empêcher son principal rival
de faire du lobbying auprès des membres de la Commission exécutive
nationale afin de se faire élire au secrétariat national puis en qualité
de secrétaire général adjoint, le nouveau poste créé lors du 11e
congrès», explique un syndicaliste qui a requis l’anonymat. Le rejet par
Sidi-Saïd de cette éventualité est d’autant plus flagrant qu’il n’évoque
à aucun moment l’élection d’un adjoint dans sa note du 2 avril. «Le plus
étrange dans ce document est que Sidi-Saïd se sente obligé de rappeler
toutes les attributions organiques du secrétaire général. Cela
voudrait-il dire que depuis sa réélection, il est fermement décidé à
user de ses prérogatives et donc, qu’auparavant, il ne maîtrisait
absolument rien», souligne notre syndicaliste.
Vers un report de la CEN
D’autres sources précisent que la note du 2 avril a été inspirée à
Sidi-Saïd par un clan qui s’est formé à l’occasion du congrès et dont le
noyau dur est composé de Tayeb Louh, de Ali M’rabet (exsecrétaire
national chargé de la fonction publique à l’UGTA) ainsi que de certains
«fonctionnaires» de la Centrale. «Il n’est pas impossible que ce groupe
tente d’avoir Djenouhat à l’usure. La stratégie la plus simple serait
qu’il reporte la tenue de la première session de la CEN. Plus longtemps
il sera coupé des membres de la commission, moins il aura de chance
d’être élu», explique un autre syndicaliste.
T. H.
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