
Régions : TRAFIC DE STUPÉFIANTS ET DE DROGUE 26 000 toxicomanes en Algérie
Les stupéfiants et les psychotropes étaient, ce dernier week-end, sous les feux de la rampe en Algérie à l’occasion d’une journée d’information et de sensibilisation organisée par la Gendarmerie nationale. Officiellement, ils sont 26 000 Algériens consommateurs de narcotiques. Réellement, ils seraient 5 fois plus. A Annaba, ils sont 1 236 personnes à être inscrites sur le registre du centre de lutte contre la toxicomanie. Ces dernières années, cette wilaya est devenue une plaque tournante du trafic de drogue et de psychotropes. D’où les nombreuses descentes effectuées simultanément par la gendarmerie et la police. Elles se sont soldées par l’interpellation et l’arrestation de nombreux suspects dont certains étaient en possession de diverses quantités de résine de cannabis (kif). Selon des sources dignes de foi, via ses producteurs et trafiquants, le Maroc aurait inondé le territoire algérien de cannabis. L’information a fait dresser l’éveil des gendarmes qui, ces derniers mois, ont multiplié les actions. Des dizaines de trafiquants ont été interpellés. D’autres, contraints à fuir le territoire national, sont activement recherchés. Les prises se chiffrent à des dizaines de kilogrammes. Mais il y a pire avec l’existence d’un réseau de trafic de cocaïne en relation avec la mafia sicilienne. A la fin de l’année 2006, cette mafia avait lesté en mer 100 kg de cocaïne. Ils avaient été aussitôt récupérés par un trafiquant algérien. A ce jour, 8 kg seulement ont pu être saisis chez un «pêcheur» d’El Kala (w. El Tarf). Les services de sécurité sont conscients de l’importance des réseaux de trafic de cannabis et de cocaïne. Ils se refusent, cependant, à porter des accusations précises, faute de certitudes quant au pays d’origine. Pour d’autres, il s’agirait d’une autre forme qu’utilisent les terroristes et les repentis pour, à moyen terme, mener le pays à l’éclatement socioéconomique. C’est ce qu’ont laissé entendre plusieurs participants à la journée d’information à Annaba. Ils ont dressé un état des lieux de la situation et de l’ampleur de ce qu’ils ont qualifié de fléau de la drogue. Ils ont également affirmé que de pays de transition, l’Algérie est devenue celui de la production et de la consommation. «C’est la première étape de l’objectif que s’étaient fixé d’atteindre ceux qui ont planifié de détruire notre jeunesse», a estimé un de ces participants. Depuis le début de l’année, les brigades de stupéfiants de la gendarmerie et de la police à Annaba n’ont pas perdu de temps. En 3 mois, elles ont investi plusieurs places fortes de trafic et de consommation de drogue et psychotropes dont le subitex à base d’héroïne. La majorité des toxicomanes de la région de Annaba, Guelma, Souk- Ahras, Skikda et Constantine «s’y alimentent». Chaque jour, rue Ibn Khaldoun, El Qods, la Vieille-Ville, le même scénario du trafic des stupéfiants se reproduit inlassablement à partir de 13h. Le kif, la cocaïne et le subitex ont actuellement la cote. Une importante quantité de ce psychotrope a été saisie mardi dernier par les éléments de la brigade de stupéfiants de la sûreté urbaine d’Annaba. De sont côté, la gendarmerie enregistre, chaque jour, la saisie d’importantes quantités à l’image de celle des 17 kg de kif traité réalisée mercredi dernier. Ces deux corps constitués tentent, à Annaba, de refermer au plus vite la porte entrouverte du trafic de drogue. Pour ce faire, ils ont saisi l’opportunité offerte par cette journée pour solliciter l’appui des associations civiles, imams, psychiatres, psychologues et les responsables de l’éducation. A. Djabali
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