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Abdelwahid Bouabdellah, P-dg d’Air Algérie : «Il nous faut
réapprendre à voler ! »
Voyons ! Voyons ! Ces choses-là, c’est comme la
bicyclette. Une fois qu’on a appris…
Laïdouni, suite et pas fin. Toujours au cours du même forum d’ El-Moudjahid,
et toujours en réponse aux affirmations du bâtonnier Sellini sur la dépendance
de certains juges au téléphone, le secrétaire général du syndicat des magistrats
a lancé cette phrase qui mérite que nous nous attardions dessus tellement je la
trouve géniale, succulente d’algérianité et subtilement teintée de cynisme
assassin. Si Djamel a dit : «Laissons le puits avec son couvercle !» Ce rapport
des Algériens à un puits mythique et à son couvercle m’a toujours fasciné.
D’abord, parce que tout le monde ou presque semble parler du même puits et du
même couvercle. Sauf moi ! Je suis même un peu honteux de ne pas être au parfum
! Un puits, je sais ce que c’est. Et j’en connais quelques-uns. Il m’arrive,
dans mon trajet vers le journal, d’en apercevoir dans des champs ou à proximité
d’habitations. Mais eux, Si Djamel et tous les autres initiés me donnent la très
nette impression de parler d’un seul et même puits. The Puits ! Le Puits ! El
Puits ! Dès qu’il y a problème entre eux, dès qu’il y a conflit, dès qu’il y a
polémique, ils invoquent à qui mieux mieux ce puits-là, et pas un autre. Et tout
en l’invoquant, ils se menacent mutuellement d’en soulever le couvercle. Mais
bizarrement, immédiatement avoir brandi la menace de soulever le couvercle du
puits, les protagonistes modèrent leurs propos, tempèrent leur ardeurs
d’effeuilleurs de puits et lâchent avec un regard encore marqué par la colère à
peine contenue : «Mais laissons le puits avec son couvercle…» Les trois points
de suspension qui ponctuent cet apaisement sont la promesse que les hostilités
peuvent reprendre à tout moment. Cet avertissement-là va peut-être m’aider dans
ma quête, ma recherche du fameux puits. Il me faut retrouver un puits avec un
couvercle. Tous les autres puits, ceux sans couvercle, sont à éliminer de mes
recherches. Logique ! Laïdouni et ses adversaires ne se menaceraient tout de
même pas mutuellement de soulever le couvercle d’un puits qui en serait
dépourvu. Hein ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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