Les banques publiques pourraient prochainement être regroupées au sein d’un pôle que les pouvoirs publics veulent puissant. La ministre déléguée chargée de la Réforme financière est à l’origine de cette proposition qui a reçu l’aval du gouvernement mais qui n’entrera en vigueur qu’en «temps voulu».
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Fatiha Mentouri qui s’exprimait jeudi,
sur les ondes de la Chaîne II de la radio, a expliqué que pour faire
face à la concurrence, il n’est pas exclu de regrouper les banques par
domaines de compétence afin de les rendre plus performantes. Elle
envisage même de revoir le mode de rémunération des directeurs des
banques et des administrateurs qui seront à l’avenir payés en fonction
des résultats obtenus. Convaincue du rôle que doivent jouer les banques
publiques, elle pense néanmoins que ces dernières ne sont pas assez
capitalisées et doivent faire face à l’obligation d’accompagner
l’économie nationale. A la question de savoir s’il n’y avait pas une
contradiction entre la volonté des pouvoirs publics de renforcer le
secteur public et l’ouverture du capital de deux banques, la ministre
répond par la négative, plaidant pour une cohabitation du public et du
privé. D’ailleurs, Mme Mentouri a livré son sentiment à l’égard de ce
dernier avouant que : «il n’y a pas si longtemps de cela, j’étais très
déçue par les banques privées qui s’installaient en Algérie. Elles
étaient dans l’expectative. Certaines attendaient la privatisation des
banques publiques pour profiter de leurs réseaux déjà bien établis. Je
dois avouer que j’ai aujourd’hui une meilleure appréciation. Beaucoup
d’entre elles font preuve d’une réelle volonté d’accompagner
l’économie». En dépit de cette bonne disposition, les banques publiques
sont celles qui financent le plus les projets, prenant souvent des
risques. Aux dires de la ministre, le secteur public enregistre entre 35
et 40% de dettes non performantes dont certaines sont compromises, ce
qui l’a poussé à appeler à plus de vigilance. Interrogée au sujet de la
généralisation de l’utilisation du chèque, Mme Mentouri a reconnu que le
processus n’avait pas encore atteint la cadence voulue. La non
généralisation du chèque normalisé et sécurisé est en fait due à
l’incapacité de la Banque d’Algérie de répondre à la demande, ce qui
explique les longs mois d’attente pour l’obtention d’un chéquier. Autres
raisons évoquées par la ministre, la réticence des Algériens à utiliser
ce mode de paiement, d’un côté pour des raisons culturelles et d’un
autre par peur de la transparence. Et pour cause, un quart du PIB
circule en dehors des sphères officielles…
N. I.
Mentouri plaide pour la "canalisation" du crédit à la consommation
La ministre déléguée chargée de la Réforme financière est loin
d’être satisfaite de la manière dont sont octroyés les crédits à la
consommation. Elle estime qu’au lieu d’encourager la consommation de la
production nationale, les crédits ont plutôt participé à faire augmenter
les importations, notamment de voitures. «Sans vouloir remettre en cause
la production étrangère, je pense qu’il est temps de canaliser le crédit
au profit de ce qui se fait localement» pense Fatiha Mentouri qui ne
cache pas son inquiétude sur l’absence d’une centrale des risques pour
particuliers, censée veiller à ce que les ménages ne tombent pas dans le
surendettement. La structure en question devra voir le jour au plus tard
en 2009.
N. I.
Vers l'ouverture du capital de la CAAR
Le secteur des assurances n’échappera pas à la privatisation. Le
capital de la Compagnie algérienne d’assurances et de réassurance sera
ouvert au privé, a annoncé la ministre déléguée chargé de la Réforme
financière. «Nous n’avons pour l’instant décidé ni du moment ni de la
hauteur de cette ouverture mais l’option a été retenue», a-t-elle
déclaré après avoir rappelé que l’ouverture du capital du CPA n’est
envisageable que lorsqu’une meilleure visibilité du marché financier
mondial sera possible.
N. I.
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