Le 11e round des négociations avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) aura lieu au mois de juin prochain, a déclaré le ministre algérien du Commerce dans un point de presse tenu en marge de sa visite de travail effectuée jeudi dernier à Constantine. N. Djaâboub a précisé, dans ce contexte, que les pourparlers avec l’homologue argentin sont terminés et il ne reste que la signature de l’accord bilatéral entre les deux pays dans les tous prochains jours. Une entreprise qui fera passer à six, le nombre de conventions conclues jusqu’ici entre la partie algérienne et les 16 pays ayant émis des réserves s’agissant de l’adhésion de l’Algérie à cette organisation. Néanmoins, les négociateurs algériens, ajoute le ministre du Commerce, s’attendent à ce que des requêtes soient probablement formulées par les Etats-Unis et l’Union européenne d’ici le mois de juin. «Dans tous les cas, nous répondrons aux questions qui restent encore en suspens lors de ce 11e round des négociations», avancera-t-il, sans donner de détails. Le ministre a, par ailleurs, affirmé qu’aucun pays parmi les 150 membres de l’OMC ne s’oppose à l’adhésion de l’Algérie, et ce, en soulignant l’irréversibilité de ce choix d’intégration de la sphère commerciale internationale qui est, selon ses termes, une option souveraine. «L’OMC n’est pas un club de bandits, mieux, nous avons intérêt à le rejoindre. Succintement, nous avons fini avec l’accord multilatéral sauf que les conventions bilatérales y afférentes ne sont pas encore achevées à 100%. C’est tout à fait normal. Chaque pays défend ses intérêts et l’Algérie ne dérogera certainement pas à cette règle», dira le ministre. Sur un autre chapitre, le ministre du Commerce a justifié la hausse des prix des denrées alimentaires par les fluctuations qui ébranlent les cours mondiaux, lesquelles sont dues, selon le même interlocuteur, soit à la rareté de ces produits dans le marché, soit à leur cherté dans leur pays d’origine. A ce titre, il révèlera que son département a étudié l’éventualité de subventionner les prix des légumes secs (haricots, pois chiches et lentilles), dont les importations ont atteint plus de 1,5 million de tonnes en 2007. En effet, le maintien des prix de ces produits de large consommation en Algérie à un seuil raisonnable d’environ 80 DA/kg coûtera au Trésor public près de 22 milliards de dinars. Notons que les légumes secs sont commercialisés actuellement à hauteur de 130 DA/kg. «Les cours de ces légumes secs afficheront probablement des tendances à la baisse dans les mois à venir. Nous allons attendre encore pour voir plus clair et opter, si nécessaire, pour cette perspective. En tout état de cause, le développement de la production est la meilleure solution pour réduire cette facture», dira le ministre en regrettant le fait que l’Algérie ait consommé cinq milliards de dollars en 2007 pour satisfaire aux seuls besoins du «tube digestif». En ce qui concerne le ciment, il a indiqué que son département est en train d’élaborer, avec les parties prenantes de cette filière, le décret portant restriction des marges de bénéfice des commerçants (40 DA/sac pour le grossiste et 60 DA/sac pour le détaillant) afin de plafonner les prix de ce produit «stratégique». Cette mesure a été prise dernièrement par le gouvernement pour «assurer la cadence des travaux de réalisation des projets du plan de soutien à la croissance économique, lequel a atteint, aux yeux du ministre, sa vitesse de croisière et est devenu, de facto, un grand consommateur des ciments». «C’est la baisse de l’offre qui est derrière l’agitation qu’a connue dernièrement le marché du ciment en Algérie. L’explosion de la demande est à cause des raisons techniques, politiques et climatiques à savoir l’arrêt de la production décidé dans quatre cimenteries à la fois, la mesure du ministère de l’Habitat portant finition des constructions individuelles dans un délai de 5 ans d’autant qu’il n’y a pas eu le break habituel de la demande à l’occasion de la période des froids. Un état de fait qui a réduit à moins de 12 millions de tonnes, la production nationale en 2007 et augmenté la demande des petits constructeurs. La spéculation a fait le reste. Maintenant, toutes les cimenteries ont repris leur activité et ça ira mieux dans un proche avenir», expliquera-t-il. Il est à souligner que les capacités nationales de production de ciment, pourvu par 12 cimenteries, avoisinent les 18 millions de tonnes par an. La demande de cette matière a atteint l’année dernière 13 millions de tonnes. Mais la rareté du ciment n’a pas, en principe, à poser de problèmes pour les entrepreneurs en charge des chantiers des équipements publics puisqu’ils sont prioritaires en matière d’approvisionnement d’autant qu’ils ont accès aux cimenteries pour le faire. Des infractions ont été constatées selon le ministre, faisant état de la revente du ciment par ces entrepreneurs en dépit de l’avancement des travaux de réalisation dans certains projets d’utilité publique. Lyas Hallas
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