samedi 12 avril 2008
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Actualités : VIOLENCES A L'ÉGARD DES ENFANTS
Appelez le 3033 à partir du 3 mai


Le 3033. C’est désormais le numéro vert qui sera opérationnel à partir du 3 mai prochain, vers lequel s’adresseront tous les appels de détresse lancés par les enfants victimes de violences. Maltraité, en danger ou en conflit, l’enfant trouvera aide et assistance chez une équipe pluridisciplinaire qui veillera à ce que son appel soit pris en charge et qu’une réaction rapide soit entamée.
Rosa Mansouri - Alger (Le Soir) - Le programme «Je t’écoute», initié par le réseau national pour la défense des droits de l'enfant Nada, a été officiellement lancée jeudi au Palais de la culture par la ministre déléguée chargée de la Famille et de la Condition féminine, Mme Nouara Saâdia Djaâfar. La concrétisation de ce projet, dont la réflexion a commencé depuis deux ans, coïncide avec une situation des plus troublantes que vit l’enfant en Algérie. Enlèvements, séquestrations, maltraitance familiale, violences scolaires, c’est de ce cocktail dramatique qu’est faite la vie quotidienne des dizaines d’enfants. Si très peu de cas sont médiatisés, la plupart des enfants maltraités souffrent loin des regards de tous et compris de celui de la justice. Qui a le courage de dénoncer son voisin ou son proche qui violente son enfant ? Combien de parents recourent à la justice pour protéger leurs enfants ? Faut-il peut-être d’abord savoir quels sont les véritables droits des enfants consacrés par la Constitution et la convention internationale des droits des enfants. Le programme Nada a le mérite de lever le voile et d’avoir mis en place un numéro vert. «Nous espérons que cette initiative se généralisera à toutes les villes d’Algérie», dira la ministre de la Famille qui a souligné l’importance de ce numéro et son apport dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la violence envers les enfants. Celle-ci a été récemment adoptée par le Conseil de gouvernement. La ministre a affirmé que le code de l’enfance sera bientôt débattu au Parlement. Probablement au cours de cette session. Les recommandations de la stratégie nationale s’inscrivent, effectivement, dans le renforcement de l’arsenal juridique pour la prise en charge des enfants et aussi la mise en place des mécanismes d’accompagnement tels qu’un observatoire des droits de l’enfant et le défenseur de ces droits. Le président du réseau Nada, M. Abderrahmane Arar, est encore plus ambitieux en matière de protection de l’enfance, en proposant, lors de son intervention jeudi, la création d’un conseil supérieur de l’enfance et d’un délégué national des enfants qui jouera le rôle d’intermédiaire entre l’enfant et le pouvoir exécutif. Un pouvoir qui, malheureusement, continue à faire la sourde oreille aux préoccupations des enfants. Ce n’est pas nous qui le disons, mais le reportage que le réseau Nada a réalisé et diffusé à l’occasion du lancement de son programme «Je t’écoute». L’assistance présente à cet événement est restée ébahie devant les sollicitations, combien diverses mais élémentaires, des enfants interviewés. Il s’agit du droit aux loisirs, à une alimentation équilibrée, à une éducation de niveau et à l’expression. Les enfants demandent à être écoutés et compris. Et ce n’est pas la mission du mouvement associatif qui, lui, agit sur des situations d’urgence et de besoin. M. Arar a souligné que les pouvoirs publics doivent conjuguer leurs efforts à ceux des associations afin de sortir l’enfance de cette situation de non-droit.
R. M.

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