samedi 12 avril 2008
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Régions
Sports
Femme magazine
Chronique du jour
Pousse avec eux
Le HIC
Edition du jour
 
Culture
Monde
 
 
Nos archives en HTML
 

Monde : L'Afrique australe en sommet extraordinaire sur le Zimbabwe

Les dirigeants d'Afrique australe, généralement peu enclins à critiquer le président Robert Mugabe, se retrouvent aujourd’hui à Lusaka pour tenter de trouver une issue à la crise politique au Zimbabwe.
La présence à ce sommet du chef de l'Etat zimbabwéen est encore incertaine. Sa venue semblait acquise, mais le gouvernement zimbabwéen a indiqué hier qu'il «réfléchissait toujours» à la composition de sa délégation. Le rival à l'élection présidentielle du 29 mars de M. Mugabe, le chef du Mouvement démocratique pour le changement (MDC) Morgan Tsvangirai, devrait participer au sommet. Les résultats du premier tour n'ont toujours pas été publiés. Le MDC espère que cette réunion, convoquée par la présidence zambienne de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC, 14 pays), convaincra Mugabe de se retirer. Mais le parti au pouvoir en a minimisé l'importance. Et les analystes se montrent réservés. «N'attendez pas trop de ce sommet. Le fait que les chefs d'Etat se réunissent signifie que la pression est mise sur Mugabe afin de trouver une solution à la crise. Mais ils se sont montrés timides par le passé», a déclaré à l'AFP Neo Simuntyi, analyste de l'université de Zambie. Au nom de la solidarité régionale, les dirigeants africains ont toujours évité de condamner publiquement Mugabe, en dépit du marasme économique et des violations des droits de l'Homme. Tsvangirai, qui ces derniers jours a fait la tournée des principaux leaders de la région, a déjà revendiqué sa victoire à la présidentielle. Son parti, le MDC — vainqueur officiel des législatives organisées simultanément — a rejeté l'idée d'un second tour. Mais l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir) s'est dite prête à soutenir Mugabe à un second tour, tout en réclamant un nouveau décompte des suffrages. «Nous espérons que la SADC prendra des mesures concrètes pour aider les Zimbabwéens à obtenir les résultats de leur élection présidentielle, et persuader Mugabe de respecter la volonté du peuple et accepter la défaite», a déclaré à l'AFP Nelson Chamisa, porte-parole du MDC. Pour l'analyste Sehlare Makgetlaneng, «la majorité des dirigeants africains ont la même ascendance politique et s'ils se montraient durs avec Mugabe, cela créerait un précédent». «S'ils se montrent critiques, leur critique sera extrêmement modérée. Ils ne veulent pas que la même chose leur arrive», a déclaré à l'AFP Makgetlaneng, de l'Institut pour l'Afrique, basé à Pretoria, comparant l'impasse zimbabwéenne aux violences post-électorales de décembre et janvier qui ont fait plus de 1 500 morts au Kenya où «les dirigeants africains n'ont absolument rien fait». Médiateur de la SADC dans la crise zimbabwéenne, le président sud-africain Thabo Mebki est très attendu à Lusaka. Mais il s'est toujours fait le champion d'une «diplomatie discrète» envers Mugabe. Son attitude ne devrait pas différer. «Notre gouvernement n'a pas le pouvoir de demander à d'autres présidents de se retirer. Le Zimbabwe n'est pas une province sud-africaine», a déjà souligné son vice-ministre des Affaires étrangères, Aziz Pahad. La SADC, qui depuis plus de quatre ans multiplie réunions ministérielles et sommets sur la crise zimbabwéenne, n'est pas toujours restée les bras croisés en cas de troubles. En 1998, elle avait dépêché des troupes sud-africaines et botswanaises au Lesotho, en proie à des violences post-électorales. Mais au Zimbabwe, elle a donné son blanc seing aux élections dès le lendemain du scrutin, les jugeant «crédibles». «Le fait que le résultat n'ait pas été publié est une honte pour la région et le continent», souligne Makgetlaneng, selon lequel les dirigeants vont au moins lancer «un appel sérieux à Robert Mugabe et à la commission électorale pour délivrer immédiatement les résultats».

Nombre de lectures : 112

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site