Le dirigeant socialiste José Luis Rodriguez Zapatero a été investi, hier, à la majorité simple et au deuxième tour du vote du Congrès des députés, à la présidence du gouvernement espagnol pour un deuxième mandat de quatre ans. Comme prévu, M. Zapatero a été réélu avec le seul soutien des députés du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) qui a remporté les élections législatives du 9 mars dernier avec 169 sièges, contre 154 pour le Parti populaire (PP- principal parti d’opposition) sur un total de 350 députés, soit la majorité relative. Lors de ce deuxième tour de vote, il n’a obtenu que la confiance des 169 députés socialistes, contre 158 ainsi que 23 abstentions, soit le même résultat du premier tour qui s’est déroulé mercredi dernier et où la majorité absolue était requise pour être investi (176 voix). Le PP a voté contre, alors que les partis nationalistes surtout catalan et basque comme Convergence et Union (CIU-10 députés) et le Parti nationaliste basque (PNV-6 députés) se sont abstenus laissant toutefois la porte ouverte à d’éventuels accords avec le gouvernement socialiste. Dans une brève intervention avant le vote des parlementaires, M. Zapatero avait reconnu que le résultat auquel il s’attendait «n'est pas une majorité suffisante», ajoutant qu’il chercherait toujours «l’appui des autres groupes parlementaires» durant la nouvelle législature. Il a également renouvelé ses offres de «dialogue et de consensus» en direction des formations politiques notamment au Parti populaire sur plusieurs questions nationales, comme la lutte contre le terrorisme de l’Organisation séparatiste basque, l’ETA. «L’Espagne démocratique, pluraliste et diverse, ne peut être bien gouvernée qu’avec le dialogue», a-t-il affirmé, appelant à cet égard, le principal parti de l’opposition à collaborer et à soutenir une «stratégie de lutte contre le terrorisme partagée par tous pour vaincre l’ETA». Au plan économique, le leader socialiste a souligné que son gouvernement répondra aux effets de la crise mondiale sur l’économie de son pays, en prenant des «mesures urgentes» pour freiner le ralentissement de l’économie espagnole, ajoutant qu’il allait organiser «d'urgence» des discussions entre syndicats et entrepreneurs pour parvenir à un «grand accord sur la compétitivité de l'économie, dont celle du marché du travail». M. Zapatero devra prêter serment aujourd’hui devant le roi Juan Carlos, avant d’annoncer dans la même journée la composition de son gouvernement. Plusieurs de ses proches collaborateurs dans l’équipe sortante devraient être reconduits, notamment Mme Maria Teresa Fernandez de la Vega, au poste de première vice-présidente du gouvernement, Pedro Solbes aux commandes de l’économie, et Miguel Angel Moratinos comme ministre des Affaires étrangères. (APS)
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