Actualités : FONCTION PUBLIQUE
Grève générale à partir de demain


Pas de concession ni de recul sur les décisions prises en assemblées générales des différents syndicats autonomes. Ceux-là maintiendront, malgré la précipitation du gouvernement à divulguer les détails de la nouvelle grille des salaires des fonctionnaires, la grève de deux jours prévue pour les 13 et 14 avril.
Rosa Mansouri - Alger- (Le Soir) - La Coordination nationale des syndicats autonomes de la Fonction publique (CNSAFP), composée de 12 organisations, a animé, hier, une conférence de presse pour confirmer la grève de demain et apporter quelques précisions sur le contenu de la grille des salaires, dont l’application a été annoncée en grande pompe par le secrétaire général de l’UGTA. Ce n’est pas une surprise pour les syndicats autonomes de se retrouver en marge de l’élaboration de toute la politique relative au traitement des revendications des travailleurs. Mais les verrous qui leur sont imposés par le gouvernement, qui se refuse à tout dialogue et contact avec les représentants syndicaux, ne freinent pas l’action et la réflexion syndicales. Le Dr Merabet, secrétaire général de la CNSAFP s’est étalé hier, en alternance avec ses collègues des différents syndicats, sur la nouvelle grille des salaires, que tous considèrent comme «dérisoire et trompeuse». Un simple calcul pour démontrer la tricherie avec laquelle a été conçue la nouvelle grille. Tels qu’annoncés, les nouveaux salaires nourrissent des espoirs et ouvrent les appétits aux travailleurs qui croient enfin avoir des fiches de paie dignes et respectables. Mais qu’en est-il réellement ? Le Dr Merabet affirme tout le contraire. Partant de la base que la moyenne de passage d’un échelon à un autre est de deux années et demi, l’échelon 10 correspond à 32 années d’expérience et l’échelon 12, qui est une nouveauté dans la grille des salaires, peut correspondre à 36 ans d’expérience, sachant que la durée officielle de la retraite est calculée sur 32 ans de travail. Une contradiction relevée par la Coordination qui illustre les bases erronées de la nouvelle grille des salaires. De ce fait, le Dr Merabet invite chaque travailleur «à faire le calcul selon l’échelon dans lequel il est inscrit pour se rendre compte de l’escroquerie». «Les travailleurs seront peut-être désorientés avec la perception des arriérés des augmentations qui devaient entrer en vigueur en janvier, mais dès le retour au salaire normal, ils se rendront compte que les augmentations varient entre 2 000 et 5 000 DA pour la majorité des travailleurs», souligne le conférencier. Le Dr Yousfi, président du Syndicat des médecins spécialistes, enchaîne en défiant ceux qui sont derrière cette propagande sur des augmentations consistantes des salaires, «à déballer en public leurs salaires personnels, ceux des cadres nommés par décret présidentiel, des ministres et des députés ». S’adressant nommément à l’UGTA qui se place comme porte-parole des travailleurs et à la chefferie de gouvernement comme décideur, M. Yousfi veut prendre à témoin l’opinion publique dans cette supercherie médiatique à propos des augmentations des salaires et surtout dévoiler le trou creusé entre deux catégories d’Algériens : les privilégiés de la République et les marginaux. La Coordination estime que c’est la première fois dans le mouvement syndical qu’un syndicat national signe une trêve de trois ans avec l’Etat et continue à se réclamer comme porte-parole des travailleurs. «Nous refusons le dialogue de salon et nous dénonçons les intimidations à notre encontre», déplore le Pr Merabet qui, au nom des autres syndicats, annonce une plus profonde réorganisation des syndicats autonomes à partir des mois prochains et n’exclut pas la mise en place d’une confédération nationale des travailleurs. Autrement dit, si la seule façon de se faire entendre est de s’organiser en syndicat national des travailleurs algériens, l’option sera étudiée par les organisations autonomes, car elles refusent une fois de plus d’être exclues des négociations avec le gouvernement. A ce moment-là, la question de la crédibilité sera reconsidérée. La Coordination reconnaît avoir réussi au moins à organiser l’attitude des différents départements ministériels vis-à-vis des syndicats autonomes. Ces derniers ont tous reçu une correspondance de leurs tutelles respectives les avisant de l’illégalité de la grève de demain et menaçant les grévistes de sanctions administratives et juridiques.
R. M.



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