Actualités : TAHAR SEKRANE, WALI D'ORAN, INVITÉ DU FORUM DE L'ENTV :
"Le secteur du tourisme en attente et le logement au coeur des préoccupations citoyennes"


Samedi soir, le forum de l’ENTV s’est invité dans la wilaya d’Oran en donnant la parole à son premier responsable, M. Tahar Sekrane qui s’est prêté aux questions des journalistes sans toutefois approfondir celles qui préoccupent les Oranais notamment concernant le logement, une demande en nette progression malgré les projets en cours de réalisation de 50 000 logements tous programmes confondus.
Amel B. Oran - (Le Soir) - Durant ce forum, le chef de l’exécutif a reconnu que le secteur du tourisme à Oran pâtit de projets d’investissements tout en prônant le tourisme d’affaires avec dit-il «l’ouverture des deux grands hôtels, le Royal et le Sheraton, Oran accueille différents séminaires et autres rencontres internationales sur le tourisme». Le tourisme commun et citoyen, lui, devra apparemment attendre… Autre révélation de cette rencontre et qui n’a fait que confirmer une «rumeur» qui fait le tour de la ville depuis plus d’une année : Oran «perd» son festival du raï qui en est à sa 17e édition et sera remplacé par le festival de la chanson oranaise. Effectivement, rien d’étonnant dans cette déclaration concernant les goûts en matière de musique du premier responsable de la capitale du raï. Le wali d’Oran a toujours affiché sa réticence quant à ce style musical expliquant cela par le fait qu’il est pour un raï propre issu du terroir. Seulement le raï a de tout temps eu cette particularité d’être une musique entraînante et de paroles crues. Dès lors et c’est avec la contribution de la ministre de la Culture, que cette année, la 18e édition du festival du raï sera remplacée par le festival de la chanson oranaise et dont la direction du commissariat fut accordée à la directrice de la culture. L’alimentation de la wilaya en eau potable fut l’une des premières questions à être soulevée par l’animatrice de l’émission. Le wali s’est voulu rassurant «certes Oran a besoin de 300 000 m3/ jour et ne dispose que de 185 000 m3, j’estime que c’est un niveau acceptable mais toujours insuffisant, un manque qui devra être largement comblé par l’acquisition de deux grands projets, celui de Aïn-Témouchent qui produira 200 000 m3 et celui du MAO avec une production journalière de 300 000 m3. En plus, il ne faut pas négliger le grand apport du projet de Kahrama qui a grandement contribué à augmenter les heures de distribution de l’eau douce à Oran». Le vieux bâti, une question lancinante qui n’a pas manqué d’être soulevée durant ce forum. Selon le wali d’Oran, le vieux bâti concerne tous les quartiers de la wilaya. Ce qui a nécessité l’octroi d’une enveloppe financière de l’ordre de 32,5 milliards de centimes afin d’établir un recensement et l’élaboration d’un système d’information géographique. M. Sekrane réaffirme que 200 immeubles sont concernés par l’opération de réfection au niveau du centre-ville et une demande pressante a été faite au président de la République lors de sa dernière visite afin de doter Oran de 1 500 logements en remplacement du vieux bâti. Le recensement, dira l’intervenant, a également touché ceux qui logent sur les terrasses, dans les caves et les bidonvilles et dont le nombre a été estimé à plus de 13 000, ce qui implique un besoin de l’ordre de 13 000 autres logements. Au sujet justement de la réception de plus en plus urgente de logements, le wali d’Oran fera remarquer que sur les 50 000 logements tout programme confondu, cette année il est prévu la réception de 5 000 logements. Dès lors que l’on évoque la distribution des logements, cela implique systématiquement la contestation citoyenne, notamment celle qui a fait couler beaucoup d’encre l’année passée avec le délogement des habitants des Planteurs, qui, mécontents et désavoués, se sont plaints au président de la République qui avait réagi en exigeant une enquête. Au sujet de cette enquête, le wali d’Oran dira : «Au mois de juillet prochain, 1 000 logements seront distribués pour les habitants du quartier des Planteurs et ce ne sera pas non plus facile. Malheureusement, il y a une tendance nationale : celui qui obtient un logement, on l’accuse de corruption et celui qui n’en obtient pas, de défavorisé ! Et concernant l’enquête pour l’octroi de logements aux habitants des Planteurs qui avaient suscité la colère des citoyens qui s’étaient plaints au président et même s’il n’ y avait pas eu fraude, nous nous sommes pliés aux recommandations du premier magistrat du pays. Le résultat de l’enquête a démontré qu’il n’y a eu aucun dépassement. Sur les 700 recours, 77 ont obtenu gain de cause.» Il ajoutera à l’intention de tous ceux qui dressent des tentes devant leurs maisons qu’ils jugent vétustes «la politique des tentes ne sert personne et j’appelle les citoyens à plus de vigilance et de responsabilité. Ne seront logés que ceux qui sont inscrits et les ayants droit». Parmi les projets à l’arrêt parce que non conformes aux normes de construction, comme le centre commercial de la place Gargantua, propriété d’un privé, qui a suscité beaucoup de critiques et des interrogations, il avait causé un affaissement du sol, puis, contre toute attente, le projet avait redémarré. Depuis plus de quatre mois, il est de nouveau à l’arrêt et l’on soupçonnerait d’autres complications toujours liées à la menace d’affaissement, mais jusque-là aucun responsable n’a tenu à donner des explications à la presse. Il en sera de même lors de ce forum puisque la question a été posée au chef de l’exécutif, qui se contenta de dire : «Oui je sais et j’ai d’ailleurs posé la question au propriétaire du projet un certain Khodja qui m’a dit que les travaux ne sont pas à l’arrêt, et de conclure : ça demande vérification…» Autre grand projet presque à l’arrêt mais qui est totalement construit : l’EHU. A ce sujet, le wali dira «certes il n’est pas opérationnel à 100%, ce n’est qu’après 2006 que ses équipements, d’une valeur de 5 milliards de dinars ont été réceptionnés à Oran . Sur les 34 services, neuf sont opérationnels, et d’ici 4 mois, il sera fonctionnel ». Concernant l’insécurité toujours en hausse à Oran, le wali considère qu’il faut tout de même relativiser et dira en s’adressant à l’animatrice de l’émission : «Si vous venez maintenant avec moi (il était 22h), dehors contrairement à Alger, vous trouverez quelques commerces encore ouverts.» Seulement, la sécurité n’a jamais été synonyme de commerce ouvert tard le soir ou encore de visite guidée sous escorte, l’insécurité demeure la grande crainte des Oranais.
A. B.

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